10.09.2009
Comme une sorte de mur végétal
J'ai fait ça moi-même et cela m'a coûté nettement moins que si je m'étais adressée à un paysagiste. Ce n'est qu'un panneau de bois sur le quel j'ai accroché quelques pots. Le bac dans lequel j'ai planté un chèvre-feuilles et une clématite est encore ce qui m'a coûté le plus cher. Mais cet hiver, je planterai quelques bulbes de jonquilles et de tulipes dans le bac pour avoir des fleurs au printemps juste à la porte.
J'étais déjà triste depuis quelques jours et je le suis encore plus depuis hier mercredi après-midi. Tu sais pourquoi. Des milliers de pensées m'assaillent, parfois j'ai envie de pleurer, parfois je suis en colère contre moi, parfois, je me dis qu'il faut profiter au maximum de chaque instant de la vie comme si elle devait s'arrêter demain. Ce que tu m'as annoncé hier me désole et m'inquiète, mais en même temps, cela me donne un coup de fouet pour agir, pour vivre, pour dire à tous ceux qui me sont chers que je les aime. Ce matin, j'ai couru 8 kms au lieu de 6 comme et à chaque foulée, je me disais que j'avais de la chance d'être en bonne forme.
Je suis heureuse aussi à l'idée d'aller dans 2 semaines en Turquie, en circuit "découverte" organisé par un TO. Le séjour étant parmi les moins chers, je crains de me retrouver parmi des couples de beaufs, mais je préfère encore ne pas me sentir seule en ce moment comme je l'aurais été si j'étais allée à Venise. J'avais proposé à Florence de m'accompagner mais elle ne pouvait pas. Il se trouve que ma petite soeur avait loué une maison l'an dernier au bord de l'eau, en août, tout à côté de Bodrum, à Gümüsluk précisément, et au téléphone, elle me disait hier soir que c'était le paradis sur terre. Si je me fais chier à bord du bateau, je prendrais plusieurs livres, des boules quiès contre la sono imposée et les conversations débiles, et mon attirail de plongée palmes-masque-tuba. Ensuite, pendant le séjour libre à Bodrum, j'envisage de prendre le car pour aller, seule ou accompagnée si par miracle je sympathise avec quelqu'un(e), à Ephèse et Pammukkale. Il est même possible que je dorme dans une "pansyon" ailleurs que dans l'hôtel "marmara". Tout ça me changera bien les idées!
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22.08.2009
4 Gérérations et un "pestacle""3 filles et un garçon"
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15.08.2009
De choses et d'autres
My architect
C’est un documentaire qui passait vendredi 14 sur une chaîne que je ne reçois pas, Cinécinémaclub, mais j’ai demandé à maman de me l’enregistrer et de le graver sur DVD. Genre : portrait d’un père bâtisseur. Comme le présente Télérama « Parmi les architectes majeurs du siècle dernier, Louis Kahn est le moins connu du grand public. Ce documentaire original, réalisé par son fils, est idéal pour réparer cette injustice »… « il interviewe ceux qui l’ont connu, ses collaborateurs et les acteurs de ce qui ressemble à une saga familiale, l’architecte ayant eu plusieurs vies. Se profile le portrait d’un homme secret, habité par son art, mais en fuite perpétuelle quant à ses responsabilités conjugales et paternelles. » …. « Passionnant, parfois drôle et souvent poignant, combinant légende et réalité, ce documentaire est un joli coup. My architect, autrement dit celui qui m’a construit, c’est plutôt bien vu comme définition du père ». Mais je n'ai pas encore vu ce documentaire pour pouvoir confirmer la critique de Télérama .
Ciao ragazzi, sur Venise.
C’est une émission de l’été sur France Inter qui passe le samedi entre 18 et 19h. Consacrée à l’Italie, elle donne la parole à ceux qui y vivent et qui parlent de leurs joies et tracas quotidiens. Aujourd’hui, je me suis régalée. Entre autres phrases entendues : « Venise est le projet architectural le plus fou du monde » et puis « Tous ceux qui aiment Venise devraient avoir le droit d’y habiter ». J’ai entendu des interviews du maire de Venise qui parlait du projet pharaonique « Mose », aujourd’hui estimé à 4 milliards d’euros, et dont on ne voit pas le bout ni dans le temps, ni dans le coût, et très contesté sur le plan technique. Et puis, il y a aussi eu un reportage sur une femme qui fait réaliser des vêtements par les prisonnières de la prison de femmes sur la Guidecca. Ça fait bizarre de penser qu’il y a des femmes prisonnières à Venise même et non pas à Mestre.
"Grozda" sur LCP
Après le déjeuner chez mes parents, j’ai souhaité regardé chez eux, en théorie à 13h35, un documentaire datant de 1975,sur la chaîne LCP, intitulé « Les apprentissages d’un regard », entretiens de Jean-Marie Drot avec André Malraux, alors très malade ( il est mort l’année suivante). Je ne sais pas à quoi cela était dû, mais il y avait une heure de décalage entre le programme et la diffusion, si bien qu’à l’heure où nous avons voulu regarder ce documentaire, nous sommes tombés sur la "bibliothèque Médicis" émission littéraire que j’apprécie. Parmi les écrivains présents dans ce numéro, il y avait Grozdanovitch, aujourd’hui philosophe avant d’avoir été dans un lointain passé joueur de tennis professionnel. Un type très doué et très sympa, un peu dans le genre, très différent tout de même, de Titouan Lamazou, voileux hors pair , vainqueur du Vendée Globe, ce n’est pas rien, et peintre de génie. Grozda parlait de sa conception de la vie, qu’il a décrite dans « L’art de ne faire presque rien », un livre que je prendrai à la médiathèque si je tombe dessus. A un moment, Gozda a dit quelque chose qui m’a fait sourire « ce n’est pas parce qu’on est brillant qu’ on éclaire ». Il parlait juste avant de l’émotion qui naît souvent des œuvres produites par des amateurs, en musique, peinture, etc…, et qui est bien plus touchante que celle dégagée par des professionnels.
Rentrée à la maison, j'ai allumé LCP et j'ai regardé quelques instants Malraux. Au bout de 10 minutes, il m'ennuyaitet tellement que j'ai éteint, mais j'ai été frappée par son jeu de mains en perpétuel mouvement; c'était impressionnant comme il "moulinait"!
La Grave, puis Ré
Je passerai la dernière semaine d’août chez Guillaume, qui vient d’emménager dans un petit appartement situé dans un village au-dessus de La Grave. Je vais lui apporter du linge, des petits meubles et divers trucs provenant de chez sa grand-mère décédée il y a 2 ans. Je lui ai dit que j’aimerais marcher en montagne avec lui. Il m’a demandé combien de dénivelé je me sentais capable de faire. Très en forme en ce moment, je lui ai dit que 1 000 ne me faisaient pas peur. Il m’a dit alors qu’on pourrait aller marcher sur le glacier avec des crampons. J’ai déjà les grosses chaussures, les guêtres, l’anorak et les bâtons de randonnée. Je suis toute contente à cette idée!
A midi, chez téléphoné à Flo. Je venais de lire dans le Ouest-France du jour qu’un yearling avait été vendu à un cheik d’Abou Dhabi 900 000 euros. Comme son Jean-Philippe vend des yearlings, mais pas à ce prix-là, quand même, j’ai tout à coup pensé à ma fifille. En septembre, elle reviendra à La Couarde pour faire tranquillement son déménagement, restant co-locataire sur Ré jusqu’à la fin septembre. Je lui ai demandé si cela ne la dérangeait pas que je vienne passer quelques jours chez elle et en même temps qu'elle;. D'ahbitude, quand j'allais passerquelques jours chez elle, elle travaillais; cette fois-ci, ce sera plus cool! Je pourrais aussi l’aider à faire ses cartons, et j’emporterai à Kerli les plantes vertes qu’elle ne peut pas apporter en Normandie.. A priori, ce serait vers la mi-septembre. C'est bien d'être à la retraite!
Fanch Moal, Ronan Olier
J’ai pris hier à la médiathèque un livre consacré à Fanch Moal et à ses peintures. Je suis tombée littéralement en amour de ce mec et de ses toiles. L’homme semble très doué : non seulement il peint comme un dieu, en tout cas, moi, cela me touche, aussi bien ses tableaux de voiliers que ses locomotives, ses bateaux de pêche, ses chemins enneigés, ses personnages, ses scènes de marché, ses cageots en vrac, mais il est aussi guitariste de jazz, jouant tous les jours et partant en tournée l’été. J’ai cherché sur le net s’il y avait des expositions de ses toiles actuellement dans le sud-Finisitère. De clics en clics, je suis aussi tombée sur Ronan Olier, qui exposait jusqu’à hier dans une galerie de Pont L’Abbé. Ma sœur Marie-Hélène et mon frère Jacques vennant la semaine prochaine passer quelques jours chez mes parents, j’espère les convaincre de m’accompagner visiter quelques galeries de l’un ou l’autre, ou de ces 2 peintres. S'il fait mauvais, ils voudront bien, sinon, ils voudront aller à la plage, et j'irai toute seule.
Fileyeur. Par Fanch Moal (Aquarelle)

Le jardin en chantier
Cette semaine, j'ai étalé mes 2 m3 de gravilllons "de rivière". Ce n'est que le petit camion de BigMat qui a pu me les livrer et il me les a bénés sur le macadam. Je me suis donc coltinée une trentaine de brouettées , de chacune 15 pelletées, d'environ 4 ou 5 kgs (est-ce que que 2 m3 pèsent donc environ 2 t25? ou je me trompe dans mes appréciations? Toujours est-il que j'ai dû pousser ma brouette (heureusement dans le sens de la descente) en contournant les massifs. J'ai fait cela en une après-midi et je m'attendais à avoir, sinon un lumbago, du moins un sacré mal au dos le lendemain. Ben non, rien du tout, même pas mal!
Pour faire joli, j'ai renversé parmi les gravillons tous les bocaux que je gardais depuis une vingtaine d'années, remplis avec des bigornes jaunes des Glénan, des bouts de verre polis ramassés sur toutes les plages, des coquillages venant d'un peu partout, de la Baie du Mont St-Michel aussi bien que de Hoedic, j'ai rajouté des billes de verres, des petits galet ramassés dans la presqu'île d'Inishowen dans le nord de l'Irlande, des petits cailloux provenant de Venise ou du fin fond du Sud Algérien. Je me suis reconstitué un petit univers à moi, que je vois derrière mes baies vitrées plusieurs fois par jour...
J'aime bien ma vie....et je n'envie celle de personne. Même si parfois, j'aimerais bien partager de vive voix plutôt que par écrit...
19:36 Publié dans La vie au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
30.07.2009
Course mondiale au déshumanisé
Je repensais cette nuit à ce dont nous parlions hier, l'évolution de l'architecture en quelques décennies. On parlait des gratte-ciels de Pékin et des constructions réalisées pour les J.O. de 2008. On était d'accord pour dire que ces réalisations étaient l'affirmation d'un pouvoir politique au détriment de la recherche du bien-être du "petit peuple".
Et cette nuit, me sont revenus en tête les souvenirs de mon adolescence à Rome. Beaucoup d'étrangers habitaient le quartier de l'EUR, qui devait être le cadre d'une exposition universelle mussolinienne en 1942, mais annulée pour cause de guerre, avec toutefois l'érection de bâtiments à l'architecture "stalinienne " (et sur les parvis desquels j'avais patiné à roulettes plus d'une fois), le cadre des jeux olympliques de Rome de 1960 et actuellement le terrain de jeu favori d'archis tels que Fuksas qui s'en donnent à coeur joie pour reconstruire sur les ruines des décennies précédentes.
A la "piscina delle rose", piscine olympique donc, je m'amusais à traverser en apnée les 25 mètres de sa largeur, c'est là que j'ai éprouvé mes premiers émois amoureux avec un jeune allemand qui fait toujours partie de mes amis d'aujourd'hui. Au bord de cette piscine, j'ai des souvenirs fabuleux. L'an dernier, lorsque je suis retournée à Rome, j'ai photographié cette piscine qui n'était pas encore en eau (c'était début mai) mais les roses étaient en fleurs, un restaurant sympathique la domine. Le lieu est toujours aussi sympathique et il n'a pas vieilli (au moins pour sa fonction "loisirs").
Et à côté de cela, à 48 ans d'écart, voilà ce que l'on a construit pour les J.O. de 2008, pour 15 jours de compétition.

Comme toi, je suis dégoûtée, révoltée, par cette course à l'absurde, à l'inutile, au gigantisme, au toujours plus grand, plus haut, plus technologique... pour montrer qu'ON est les plus forts du monde. Quelle est la chance du petit jeune qui débute dans la vie professionnelle de participer à cette course? Quelle est la place de l'Homme, je veux dire, des ados de 15 ans qui veulent se faire des bisous sur les lèvres derrière un rosier?
Et tandis que s'achèvent les mondiaux de natation à Rome, au Lido d'Ostia, on parle pendant des heures et des heures dans les médias des combinaisons en polyuréthane des nageurs. Le coût des infrasctructures, leur reconversion après la compétition... qui cela peut-il bien intéresser?
08:41 Publié dans Mauvaise humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12.07.2009
On n'est pas tous égaux devant le bonheur
Tu t’ennuies dans l’ordinaire, dis-tu.
C’est quelque chose que je ne comprends pas bien. Pour s’ennuyer dans l’ordinaire, il me semble qu’il faut juger les actes quotidiens de sa vie comme inintéressants, peu motivants, barbants, et les comparer à des occupations, des faits, des exploits, qui seraient « extraordinaires » et qui procureraient une joie, un bien-être, une émotion, une satisfaction immense. Comme si tous les petits gestes, les petits plaisirs de la vie quotidiennes n’étaient pas porteurs eux-mêmes de leur lot de satisfaction ? Comme s’il n’était pas possible de répéter les mêmes gestes quotidiens, de vivre les mêmes activités -travail, jardinage, cuisine, lecture, amour, baise… à chaque fois avec une petite différence ? Qu’est-ce qui donne en définitive du piment à la vie ?
Sur une échelle graduée de « vie de merde » à « vie de rêve », le curseur positionné sur « vie ordinaire » serait sans doute au beau milieu. Une vie ordinaire serait une vie moyenne ? Tu juges ta vie, tu la jauges ? Par rapport à quoi, à qui, à quelle vie? Une vie dans laquelle tu ferais quoi de mieux et de plus exaltant? La question que je me pose, c'est de savoir si toi tu sais ce qui te manque et que tu ne veux, ou ne peux dire tout haut, ou si tu ne sais pas toi-même ce qui ferait de ta vie une vie "pas ordinaire"?
Hier soir, je regardais le film « Tabarly », intéressant documentaire, mais qui ne dit pas un mot de la fin tragique de ce grand marin . La dernière phrase du film est : « Je sais bien que j’ai une vie de rêve, une vie comme jamais je n’aurais osé la rêver ». Mais à quoi a t-il pensé pendant les dernières minutes de sa vie, dans l’eau glacée de la nuit noire avant de se noyer ? Se disait-il encore qu’il avait eu une vie de rêve ?
Il y a des destins extraordinaires, des gens qui vivent des choses, des événements exceptionnels, qui réalisent des exploits. Faut-il les envier ? Combien de souffrances, de moments pénibles, de concessions, d’échecs dans leur vie privée ces personnes ont vécu et dont ils ne parleront jamais dans les médias ? Je sais bien qu’il ne suffit pas de dire à quelqu’un ‘mais voyons, tu as tout pour être heureux : un travail intéressant, une maison sympa, une compagne plutôt jolie et intéressante, tu n’es pas malade, pas au chômage, tes enfants vont bien, tu n’as pas de problème financier, regarde les autres qui manquent de tout...
Parfois je pense que tu es un typiquement un gros (excuse-moi pour l’adjectif) transporteur de sérotonine » parce que ,comme l'explique Boris Cyrulnik, tu as besoin de fortes stimulations pour avoir l'impression d'exister, et à d'autres moments, je pense que tu es un petit transporteur de sérotonine parce que tu es hypersensbile. Et en définitive, je ne sais pas bien qui tu es. Comme tu n’as pas ouvert (selon tes dires) le livre que je t’avais offert « La chimie de nos émotions », je te recopie un extrait du bouquin de Cyrulnik De chair et d’âme.
Je me souviens qu'un jour, tu m’avais dit que, alors que tu étais jeune (une vingtaine d’années ?) tu avais frôlé le coma éthylique et cela m’avait marquée. En repensant à ce détail, j'aurais tout de même tendance à te ranger parmi les gros transporteurs, mais je peux me tromper sur ton compte, car je pense que tu souffrirais longtemps si tu étais abandonné (contrairement aux "gros").
« À la fin des années 90, des chercheurs ont découvert que chez les singes et les êtres humains, certains individus ont des gènes qui synthétisent de longues protéines capables de véhiculer beaucoup de sérotonine, alors que d’autres individus sont de petits transporteurs de sérotonine. Neuromédiateur sécrété dans l’espace situé entre deux neurones, la sérotonine joue un rôle fondamental dans l’humeur. Elle stimule les désirs, améliore les fonctions cognitives, et un grand nombre de médicaments antidépresseurs accroissent sa présence dans le cerveau. «Or on constate que les petits transporteurs de sérotonine sont hypersensibles. Ils réagissent avec beaucoup plus d’émotivité aux épreuves que les gros transporteurs, beaucoup moins sensibles aux événements de la vie» ...«Toutefois, cette tendance naturelle ne prédit absolument pas les dépressions à venir.» Prenant conscience très jeunes, pendant l’enfance, qu’ils sont vulnérables aux difficultés, les petits transporteurs de sérotonine s’organisent une vie stable et paisible, entourés de l’affection de maman et papa. Ils s’intègrent bien à l’école, laquelle encourage la routine. Par contre, ils supportent mal les déménagements. Lorsqu’ils se marient, ils font des maris fidèles et de gentils parents. En revanche, les gros sécréteurs de sérotonine ont besoin de fortes stimulations pour avoir l’impression d’exister. Enfants, ils sont des transgresseurs, et quand ils arrivent à l’adolescence, ils prennent des risques. Les filles font de l’auto-stop en minijupe et en débardeur. Les garçons font des excès de vitesse ou se lancent dans des bagarres inutiles. Adultes, ils multiplient les aventures extraconjugales, et quand on les abandonne, ils ne souffrent pas longtemps avant de tourner la page. Toutefois, arrivés à un certain âge, ils n’ont rien construit et un nombre non négligeable d’entre eux sombrent dans la dépression. Alors que, chez les animaux, le fait d’être un gros transporteur de sérotonine est garant d’un rang élevé dans l’échelle sociale, chez les humains, les petits transporteurs, à force de bons résultats scolaires — très valorisés dans notre culture — et de travail routinier, accéderont souvent à des postes supérieurs.
Un autre livre dont j’ai entendu parlé ce matin sur les ondes de France Inter, « Petit cahier d’ exercices à l’entraînement au bonheur » de Yves-Alexandre Thalmann donne des tuyaux pour construire son bonheur par l’entraînement, prenant un autre angle que celui des gênes pour expliquer comment certains sont plus heureux que d’autres. Les deux auteurs ont raison : on est plus ou moins apte génétiquement au bonheur, mais on a aussi besoin de s’affranchir de certains carcans pour s’offrir le droit au bien-être : savoir dire non, savoir pardonner, ne pas ruminer, se moquer du qu’en dira t-on, se faire plaisir, etc…
En fait, tu es peut-être un "petit-gros"... transporteur de sérotonine; cas exceptionnel!
21:10 Publié dans La vie au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Look "Ile de Ré" boboïsant
Assise sur le sable de la plage de La Couarde une après-midi de la semaine dernière, tout en surveillant d’un oeil mes pitchounettes qui jouaient dans les vagues, j’observais les gens sur la plage. Il y avait des jeunes couples avec enfants en bas âge, des grands parents avec leurs petits-enfants, des ados, des jeunes en couple, et je me faisais la remarque que les gens, quel que soit leur âge, étaient plutôt beaux dans l’ensemble. Pas de grosse mémère débordante de cellulite, pas de pépés en marcel jouant au jokadi. J’admirais des jeunes filles ultra minces en bikini de marque, entourées de garçons au look de surfeurs. Une grand-mère aux cheveux tout blancs faisait la course avec ses petits-fils d’une dizaine d’années et je l’ai trouvée belle. Mince, vêtue d’un panta-court de toile blanche et d’un tee-shirt gris, avec une petite poitrine menue et , une taille de guêpe, elle m’a donné des complexes.
Il y a un look « île de Ré », c’est indéniable. Les mères de famille sont minces, leurs maris n’ont pas de bide, les enfants sont hyper bien sapés, tout ou presque le monde va à la plage à vélo. Les sexa- et septuagénaires sont bien conservés, bronzés, cheveux courts, polo Lacoste. En une semaine, je n’ai pas vu une seule personne de couleur, ni d’origine maghrébine, ni d’ado au look gothique. Ce style « île de Ré » n’est pourtant pas celui de « Versailles rive gauche » avec toute la famille en pull bleu marine, les parents en bermuda écossais de joueurs de golf et petites filles coiffées au carré. Non, c’est encore plus classe. Beaucoup de gris, de beige, de couleurs pastel dans les fringues (contrairement en fait à la photo d'à côté, un peu ancienne et très américaine) personne ne porte de tongs de la foirfouille, mais au contraire plutôt des sandales kickers, des méphisto ou TBS. Les gens ne parlent pas fort ; ils sont souvent en tribu. Merci le péage du pont (16,5 € aller-retour)?
Je repensai au livre d’Emmanuel Carrère que j’ai lu récemment et qui m’a marquée « un roman russe », et dans lequel, outre qu’il parle de son grand père maternel russe) traite aussi de ses histoires d’amour chaotiques et notamment d’un été sur l’île de Ré chez ses parents où sa compagne devait le rejoindre, mais elle n’était pas venue car elle le trompait avec un autre. Et cette jeune femme, Emmanule Carrère nous l’avait décrit comme faisant un peu « tâche » dans son milieu d’intellos branchés. Pas étonnant sans doute que la compagne ait choisi finalement de quitter Emmanuel.
Ma fille à qui je faisais au dîner suivant ces remarques me disait qu’elle s’était dit exactement la même chose au Shopi des Portes où elle avait fait quelques courses pour son déjeuner (de La Couarde où elle habite aux Portes où elle travaille, il y a 20 kilomètres et beaucoup de bouchons en été et elle ne revient donc pas souvent déjeuner à la maison) . Toutes les deux, on s’est souvenu de l’impression que nous avions eue, il y a 20 ans, alors que nous étions allées faire des courses au Carrefour de Calais, en week-end dans cette ville si vilaine pour raison familiale : nous avions été frappées par la laideur assez généralisée des gens que nous croisions dans les allées. Peu avant, ma fille avait vu La vie est un long fleuve tranquille et ce film avait été pour elle une prise de conscience que dans la vie, il y avait des Le Quesnoy et des Groseille, ce qu'un petit tour au carroufe de Calais avait confirmé.
Sur l’île de Ré, c'est clair, il n’y a pas de Groseille, ou bien ils ne sortent pas de leurs campings quatre étoiles avec piscine.
A La Couarde, il y a une boutique de fringues pour gosses "Au bonheur des drôles" dans laquelle j'ai rarement acheté quelque chose tellement les prix sont élevés. Et pourtant, c'est toujours bourré de mamans et de leurs gamines essayant des petites robes à 72 euros en solde. A Youna qui voulait une robe, j'ai dit bien fort pour que tout le magasin entende "on en trouvera sûrement une très mignonne pour 3 euros chez Emmaüs !". J'ai tout de même acheté pour 26 euros une paire de tongs "Jean Le Bourget" pointure 23/24 et 2 chouchous en tissu à fleurs.... j'ai eu un peu honte, de mon achat, mais je me disais que c'était bien la dernière fois que j'entrais dans cette boutique! Et puis aussi, avoir le sentiment de faire partie (rarement et un court moment) des riches (qu'il faut sauver : j'adore le collectif "Sauvons les riches"!), ça fait un peu de bien quelque part!
18:02 Publié dans La vie au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.06.2009
Le PS m'hérisse le poil
Hier je revenais de Gouesnac'h à l'heure de l'émission de FI "Dimanche politique ", à laquelle était invité Benoît Hamon, et j'ai écouté le temps du trajet jusqu'à la maison ses réponses à la question qui lui était posée : "Face à la proposition de report de l'âge du dépârt à la retraite à 67 ans, que propose concrètement le PS?"
Con-crè-te-ment!
Voilà en résumé le discours du PS:
Les 3 propositions concrètes sont les suivantes :
1) Il faut faire contribuer aux cotisations de la Sécurité Sociale les revenus financiers qui y échappent aujourd'hui comme les stock-options
Les stock-options, ça me fait doucement rigoler! Dans la dernière société qui m'a employée, une start-up du domaine des télécoms, des stock-options étaient attribuées à tout salarié, à un taux d'environ 40 euros, en nombre variable suivant les responsabilités dans l'entreprise, en gros de 100 à 500. En 5 ans, la société a accumulé 8 millions d'euros de perte et a fini par être liquidée, sans repreneur. Inutile de dire que l'action n'avait plus aucune valeur. Le système de stocks-options est vraiment marginal, peu de salariés de peu d'entreprises font des profits énormes avec. Il serait plus judicieux de légiférer pour que ce système n'existe plus àl'avenir ou sous une forme atténue et fiscalisée et trouver d'autres formes de rémunération attractive pour garder les salariés et éviter qu'ils aillent à la concurrence. Car , tout de même, quand on y repense, les stock-options ont été créées pour fidéliser les salariés : plus longtemps ils restaient dans l'entreprise, plus la différence de cours de l'action entre le moment de la fixation du prix d'achat et le cours au moment de la revente avait des chances de bondir.
2) Il faut revoir tout le système des exonérations patronales. Certaines aides peuvent effectivement avoir un effet bénéfique sur l'emploi, mais d'autres ne sont qu'un "effet d'aubaine"
C'est typiquement une mesure qui aurait un effet négatif sur l'emploi, les employeurs risquant d'être dissuadés de recruter des salariés entrant dans certaines catégories à problème d'insertion (les vieux, les jeunes, les sans dipôme, les handicapés, etc..) . Mais c'est surtout une mesure qui, certes, a besoin d'être remise à plat objectivement, mais qui n'est en définitive qu'une mesure à rechercher pour réduire le déficit de la Sécu, dont CRAM n'est qu'une des branches. Pour une exonération qui n'aurait plus lieu d'être ou obsolète, combien cela rapporterait au financement des retraites?
Car les caisses complémentaires n'ont aucun lien avec la Sécu. Toutes les exonérations que j'ai connues dans ma vie professionnelle, et surtout dans la dernière où j'étais responsable de la paie, ne concernaient que la Sécu et jamais les autres organismes sociaux, Assedic et caisses de retraites complémentaires.
3) Il faut élargir le mode de calcul des cotisations sociales à la valeur ajoutée de l'entreprise et non plus seulement aux salaires. Il n'est pas normal qu'une entreprise de nettoyage, par exemple, paie beaucoup de cotisations patronales parce qu'elle emploie beaucoup de personnels, et qu'une entreprise très automatisée n'en paie pas beaucoup.
Comme si la V.A. n'était pas déjà fortement taxée (19.6% dans le cas général) ! Revoilà l'arlésienne de la TVA sociale qu'aucun gouvernement n'a jamais pu ni voulu mettre en place, devant la complexité et le flou du concept!
Sauf que, aussi, les machines, il faut bien les payer aussi par du capital emprunté , et que cela a déjà un coût. Et si la V.A. se décompose en gros entre les revenus des salariés (les salaires) et les revenus de l'entreprise (le profit qui sert amortir le matériel, rembourser les emprunts et rémunérer le capital), tout cela n'est qu'un système de vases communiquants.
Encore une fois, c'est une mesure que l'on pourrait imaginer (mais avec quelles remises en cause de tout l'arsenal juridique du pays!) mais qui est encore un remède pour contribuer à combler le déficit de la Sécu.
Le lien "concret" entre les propositions du PS et le financement des retraites? Je ne voudrais pas jouer au Frédéric Lefebre, porte-paole de l'UMP, mais faut bien admettre que le PS n'a AUCUNE solution à proposer sur ce sujet. C'est évident qu'il faudra reculer l'âge du départ à la retraite, avec des nuances, sur le départ volontairement choisi ou imposé, selon la pénibilité du poste, l'âge de l'entrée dans la vie active, etc... mais il faut oser parler des vraies solutions incontournables, y compris celles des taux de cotisations aux caisses de retraites, et de l'épargne retraite tant décriée par la gauche car elle avantage ceux qui ont les moyens d'épargner.
Personnellement, je ferais une proposition qui ferait hurler les retraités, mais que je trouverais juste et qui serait vraiment de gauche : les retraités aussi, selon le niveau de leur retraite, devraient contribuer au financement du Fonds de solidarité Vieillesse (en déficit de 2,1 milliard d'euros en 2009). Après tout, je reçois bien un bulletin de salaire pour mes indemnités d'élue, et la seule cotisation sociale qui me soit prélévée est celle pour le régime de l'Ircantec, caisse de retraite complémentaire de la fonction publique. Evidemment, c'est un montant minime, mais le principe est là.
Le PS n'a pas de couilles, c'est clair, et il nous prend pour des gogos. "Ils" sont, tous autant qu'ils sont, incapables d'être concrets, de proposer des trucs qui décoiffent vraiment .....comme le fait le collectif "Sauvons les riches" avec le principe du salaire maximum autorisé.
Pour moi, droite, gauche, ça n'a plus tellement de sens : il y a ceux qui osent faire des réformes dans un souci de justice sociale et de résorption des déficits publics et ceux qui se gargarisent de belles paroles creuses et fumeuses. Il y a des jours où je trouve que Laurence Parisot ne dit pas que des conneries.
04:08 Publié dans Mauvaise humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.06.2009
Quand les "gastrosexuels" se mettent à cuisiner
"Ce soir, c'est 2 en ambiance".
Selon un article dans le NouvelObs de cette semaine, l'émission de M6 "un Dîner presque parfait" cartonne. Parmi les raisons de ce succès, le goût soudainement très tendance des mecs pour la cuisine, pour épater, pour faire craquer leurs petites amies, pour se prendre pour des chefs. Parce que les grands chefs sont des hommes, c'est bien connu, et tant qu'à faire la cuisine, autant ne pas "faire à manger" mais concocter des petis plats sublimes, sans regarder à la dépense.
L'article du NouvelObs sur le net ne reprend pas l'encadré à part "Vous avez dit gastrosexuel", alors je le recopie :
" La forte présence des mâles dans le jeu de M6 confirme une tendance lourde du socio-psycho-anthropo-marketing : l'avènement du gastrosexuel, cet homme pour qui la virilité passe par sa collection de robots magimix, la maîtrise du risotto, et "la vaisselle déco de table sont de plus en plus souvent choisies par les hommes" note Vincent Grégoire, le pape des tendances du cabinet Nelli Rodi. En témoignent les convives du "Dîner" aussi pointilleux sur la composition florale de leur table que sur la cuisson de leurs asperges. Candidat dans la finale des champions, Fabrice tient un blog : "le blog culinaire était un univers féminin, mais il y a de plus en plus d'hommes qui s'y mettent" confirme-t-il. "Dans notre génération, les filles ne savent plus cuisiner" plaisante Julien, 32 ans, autre candidat. "Alors c'est sûr quand vous leur préparer la terrine de foie gras, vous les faites toutes craquer".
Surtout quand vous êtes devenu comme lui un pro de la cuisine moléculaire, de la "sphérication de la soupe de poisson" et des "meringues à l'azote liquide". "
En lisant cet article, je me faisais la remarque qu'il y a encore bien des domaines traditionnellement féminins que les hommes n'ont pas encore investis : la couture (familiale, pas la "haute"), la dentelle, le tricot. A quand des émissions sur M6 sur le plus beau tricot jacquard? Avec une finale entre hommes?
Il y a un truc qui m'étonne aussi, c'est qu'il y ait autant de gens, et donc d'hommes qui regardent la télé entre 17h50 et 18h50. C'est vraiment une heure où j'ai personnellement autre chose à faire que regarder la téloche. Peut-être ne suis-je pas une "ménagère"?
Comme dit l'article "M6 jubile. Sur la case âprement convoitée de l'access prime time, la chaîne a double son audience et surtout devancé TF1, une première. Sur les ménagères, on les lamine de 10 points de parts de marché" s'enflamme Florence Duhayot, directrice de la filiale de productiondivertissement de M6.
C'est bizarre qu'elle dise les "ménagères" et pas les "ménagers" . Je pensais que le masculin l'emportait sur le féminin en matière grammaticale.
15:22 Publié dans cuisine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
éNergie Zéro... architecture zéro?
Hier soir, j'ai regardé un documentaire sur la chaîne LCP consacré à l'architecture durable, à 20h, Cinq pionniers de l'architecture durable. Ce documentaire inédit de 2008 tourné à l'occasion de la remise, par un jury présidé par le désormais incontournable Yan-Arthus Bertrand, du Global Award de l'architecture durable au lauréat, l'autrichien Hermann Kaufmann, fils de charpentier et amoureux du bois. Parmi les 4 autres architectes, challengers émérites, figurait Françoise-Hélène Jourda, petite blonde menue, dont je n'avais jamais entendu parler et qui m'a évidemment séduite. Le problème de ce reportage c'est qu'il laisse sur sa faim, puisque seulement dix minutes étaient consacrées à chaque architecte alors qu'il aurait fallu au moins une heure pour les laisser parler de leurs convictions et commenter leurs réalisations.
Il y a un point commun flagrant entre la cuisine, la grande, et l'architecture, la grande aussi : les chefs connus et encensés sont des hommes. Si Anne-Sophie Pic est la seule femme chef 3 étoiles en France, je n'avais jamais entendu parler de Françoise Hélène Jourda.
Au début du reportage qui lui est consacré, on la voit se promener sur les quais de Lyon, dont elle a conçu le réaménagement ,puis elle explique ce qu'elle a voulu faire pour l'hôpital privé (tiens, tiens) Jean Mermoz, toujours à Lyon, puis elle nous emmène dans son musée botanique de Bordeaux. Entre ces 2 constructions, il y a un point commun, ce sont les "cailloux" dont elle dit qu'elle s'est fait plaisir 2 fois avec, mais que maintenant, c'est bon, elle ne mettra plus de cailloux.

Mais le dénominateur commun de tout ce qu'elle et les archis de son agence ont conçu, c'est le bois. Elle a beaucoup utilisé les troncs d'arbres bruts pour les pilliers qui soutiennent les verrières...J'ai beaucoup aimé ce qu'elle a construit, notamment son Académie Mont-Cenis, en Allemagne.
En touchant ma fibre sensible pour le bois, elle ne pouvait que me donner envie d''en savoir un peu plus sur elle et son oeuvre. Son site web est très décevant sur le plan graphique, d'une sobriété étonnante (à moins qu'il ne soit en refonte?). Aucune photo ni dessin, sauf à cliquer dans une liste. Son curriculum vitae est très impressionnant. Mais j'ai trouvé, naturellement, une floppée de sites qui parlent d'elle. De clic en clic je suis tombée sur le blog "GreenDreamTeam", dont les articles sont le plus souvent en anglais, quelques fois en français, signés par des prénoms seulement. Difficilement de savoir qui compose cette "dream team" et de quelle qualité ils se targuent pour parler d'un sujet.
Je suis donc tombée sur cet article un peu vachard (jalousie d'une consoeur? ou intégrisme écolo?) que j'ai recopié ci-dessous. Il date de 2007, mais il est toujours intéressant, bien qu'il ne parle que du bâtiment "éNErgie Zéro" de St Denis, alors que F.H. Jourda a produit bien d 'autres projets totalement différents et que c'est un peu injuste de décoder sa grille de lecture au seul prisme de ce bâtiment. Mais bon... En gros, l'article dit qu'il faut se méfier des belles paroles creuses, un peu dans le même esprit que l'article sur les éco-quartiers qui ne doivent pas devenir des ghettos pour privilégiés et des "bobos-land" que tu m'as photocopié.

Françoise-Hélène Jourda
"Dans un interview accordé au journal Le Monde daté du 29 septembre 2007, l'architecte Françoise-Hélène Jourda, présentée comme "une des rares figures de l'architecture française spécialistes de la construction écologique dans l'Hexagone" dit une chose intéressante:
"Le développement durable va bouleverser l'écriture architecturale autant que la révolution industrielle."
Pour moi aussi, ça semble logique.
Parce que réfléchir à de nouveaux dispositifs de construction dans le but de consommer moins d'énergies polluantes et d'émettre moins de CO2 doit aussi et surtout aboutir à la fabrication de nouveaux types d'espaces, souvent appelés espaces tampons, aux qualités et aux pratiques différentes.
Parce que la révolution technologique seule n'est pas intéressante.
On n'habite pas l'intérieur d'un panneau photovoltaïque alors qu'un espace tampon comme par exemple un jardin d'hiver permet de jouer sur les 2 tableaux: l'économie d'énergie et l'espace supplémentaire.
Sauf que...
Le dernier bâtiment que Françoise-Hélène Jourda construit, un immeuble de bureaux de 4500m2 et présenté comme le premier bâtiment à énergie zéro construit en france (!), c'est ça:

"éNergie zérO" - Saint-Denis (en cours)Pour atteindre l'énergie zéro, le cabinet Jourda a travaillé sur la compacité des volumes, l'isolation extérieure et l'énergie solaire.
Tout de suite après ça, je pense qu'un retour, même rapide, sur "révolution industrielle et architecture" s'impose parce que moi je veux bien qu'on me parle "d'écriture architecturale" à nouveau totalement révolutionnée mais là, y'a méprise non?
La révolution industrielle, elle nous a, entre autres, apporté ça:

c'est à dire des volumes jusqu'ici jamais produits, une qualité de lumière naturelle exceptionnelle, des structures comme de la dentelle... à une époque où construire à Paris se limitait encore à empiler des pierres!
Bref, ça c'était un blast, un vrai, pour tous les visiteurs du grand palais construit en 1900 à l'occasion de l'expo universelle à Paris.
Je regarde les images du projet de Jourda et je cherche le blast, les nouveaux types d'espaces, la nouvelle écriture architecturale... et je cherche... encore.
Par contre je vois bien le mur pignon entièrement recouvert de panneaux photovoltaiques et je vois encore mieux le slogan "énergie zéro" histoire de ne pas oublier que le développement durable, c'est aussi beaucoup de com!
Et donc: ce n'est pas parce qu'on utilise les mêmes mots qu'on a forcément la même approche du sujet...
A moins que je n'ai pas bien compris à quel type de révolution nous devions nous préparer...
C'est vrai en fait, c'est important de bien comprendre ce qu'elle propose pour savoir si on est d'accord ou pas avec elle, si les mots magiques de développement durable ne serait pas l'occase de nous faire passer un bon vieux retour en arrière...
Exemples:
1 - "Les bâtiments devront être plus compacts, mais c'est à nous de faire en sorte que cette compacité devienne belle.
"BELLE", le mot est lâché, l'écriture architecturale doit être belle même si les mots qu'on met derrière sont moches! La compacité ok mais pas systématiquement. Si certains espaces nécessitent une optimisation, d'autres doivent au contraire être traités avec encore plus de générosité, et ça c'est l'économie générale du projet qui le permet. Il y a là une balance à trouver de sorte que trop d'investissement dans des équipements coûteux ne conduise pas à une réduction de toutes les surfaces... la fameuse compacité!
2- "Il faudra créer beaucoup d'espaces tampons. Ils seront aussi moins largement vitrés." ?!!!..??!! Comprends pas! Ok pour la créations d'espaces tampons sauf que si ces espaces tampons ne prennent pas très largement le soleil (pour profiter des apports gratuits) et qu'ensuite ils ne sont pas très largement ouverts/vitrés sur le reste des espaces, ils ne serviront à rien!
3- "L'isolation permet de consommer très peu d'énergie, qui est plus que compensée par les cellules photovoltaïques en toiture et en façade." L'isolation est en train de devenir LE futur marché du siècle. Borloo ne parle plus que de ça. Même José Bové pendant la dernière campagne présidentielle avait chopé le train de l'isolation en l'associant à celui de l'emploi. Proposition de José Bové: si on met tous les chômeurs sur des échaffaudages en leur disant vas-y coco pose de la laine de verre au kilomètre sans passer devant les fenêtres quand même (sauf que la laine de verre c'est beurk... mais là c'est encore un autre débat...) ça fait du monde au boulot...
Ché pas vous mais moi quand j'ai entendu ça, j'ai failli me laisser pousser la moustache, pour pouvoir rire dedans.
Et si on doit rire, alors autant rire avec un truc vraiment drôle parce qu'en matière de projet révolutionnaire lié à la lutte contre le réchauffement de la planète, le domaine des transports est de loin celui qui s'éclate le plus. Et là, ça défonce en matière de ré-écriture des codes esthétiques traditionnels! La preuve avec ce projet de banane pour l'instant géostationnaire au dessus du texas mais qu'on pourrait imaginer faire le tour de la terre, une barquette accrochée sous le ventre, comme les zeppelins naguère."


Posté par emmanuellele 10/01/2007 dans Design and Architecture
(sur ce blog, en rubrique ci-dessus mise en lien, j'ai retrouvé des articles intéressants et par-ci par-là, des noms comme ceux de Renzo Piano, Rudy Ricciotti... .des notes sur les maisons à mur végétal et des "vertical farms"... dont j'ai parfois parlé ces derniers mois)
08:50 Publié dans Architecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.06.2009
Résultat des élections
Bon, je me suis un peu trompée dans mes espoirs que le NPA devance le Parti de Gauche, mais sur le plan national, je jubile aux résultats d'Europe Ecologie. Comme je viens de l'entendre sur France Inter, sous la langue perfide de Stéphane Guillon, fin politologue tout de même, c'était certainement en grande partie plus pour faire chier Bayrou et venger Dany que par conviction profondément ancrée dans la défense de notre environnement que beaucoup d'anciens électeurs du PS ou du Modem ont reporté leur voix sur Europe Ecologie, mais on peut se demander tout de même ce que deviendront ses voix dans les années futures lors d'élections nationales. C'est sans doute ça aussi l'intelligence, voter différemment selon les enjeux.
Tout de même, 6% pour le Front National avec la nullité du discours politique de Marine et son refus de construction l'Europe, c'est encore beaucoup trop.
Ce qui est grave, et le plus important, quand même, c'est que toute la gauche européenne boit la tasse et que le PPE ait 100 voix de plus au Parlement européen que le PSE, c'est très très inquiétant. Comme quoi, ce n'est pas la crise qui pousse les électeurs à voter à gauche mais le manque de discours cohérent, l'absence d'union, l'exemple déplorable qu'elle donne dans les différents pays, comme si, la gauche était crédible en se prétendant la seule capable de résoudre les problèmes sociaux. Comme si les "refondations" des partis socialistes allaient convaincre les jeunes de voter à l'avenir pour eux. Les jeunes votent Ecologie, ou extrême, ou ne votent pas du tout. Vouloir prétendre que seule le PS se battra pour le maintien des services publics, patati patata, si la gauche est éparpillée en une myriade de petits partis, elle n'arrivera à rien...
Enfin , dans ma commune, les résultats sont les suivants :
70% des votants ne prennent que quelques bulletins, parmi les 16 tas de listes présentes sur la table, avant de rentrer dans l'isoloir. Certains même n'en prennent qu'un seul.
40% des gens sont sur le point d'oublier leur carte d'électeur tamponnée après avoir voté
35 % des gens se trompent de numéro de bureau de vote, faisant perdre du temps dans la recherche sur les listes. Enfin, cela nous a occupé, parce qu'il n'y avait vraiment pas grand monde, surtout entre 13 et 14h!
30% des votants n'ont pas leur carte d'électeur et demandent s'ils peuvent voter avec leur seule carte d'identité, alors qu'ils savent très bien que oui
26 % des gens hésitent sur l'emplacement de leur signature, sur la iste d'émargement alors qu'un guide avec une zone trouée au bon endroit l'indique clairement. J'en déduis que beaucoup de gens ne voient vraiment pas grand chose.
25% des listes n'ont pas imprimé de bulletins et ont demandé à leurs éventuels électeurs de les imprimer sur internet
20 % des listes ayant imprimé des bulletins, n'ont pas imprimé autant qu'il y a d'électeurs (de 5 à 20 %) nous obligeant à trier dans les poubelles de l'isoloir pour les remettre sur la table
15 % des gens nous disent "bon courage" en partant au lieu de "bonne fin de journée" ou "au revoir"
10 % des électeurs m'ont fait la bise
08:06 Publié dans La vie au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.06.2009
Le manoir de Squividan à Clohars-Fouesnant
Hier a été inauguré le petit musée regroupant quelques toiles, très bien mises en valeur, parmi le millier qui ont été léguées en même temps que le manoir, peintes par Emile Simon et sa compagne Madeleine Fié-Fieux. Le musée est aménagé dans une extension qui jouxte le manoir. Pour l'instant, celui-ci n'est pas ouvert au public, mais il faut espérer que le Conseil Général du Finistère, qui a accepté le legs avec la condition d'aménager un musée, l'ouvrira dans les prochaines années. En regardant par les fenêtres, on y aperçoit un amas de vieux meubles anciens. Le manoir était la propriété de Madeleine qui y a accueilli Emile Simon, son professeur aux Beaux-Arts de Nantes, à partir de 1940 , après la mort de son époux. Madeleine est décédée en 1995, tandis qu'Emile est mort en 1976.
Il y a des toiles d'Emile Simon comme de Madeleine Fié-Feux, qui fut son élève avant de devenir sa compagne.
Je n'ai pas pris au flash cette photo, c'est l'éclairage propre du musée qui crée ces zones brillantes sur la toile. L'expression du visage du marin est extraordinaire. On dirait que le vieux lui verse un verre en lui disant "allez, bois un coup, ça te fera du bien". On se demande quel malheur a bien pu l'abattre ainsi!
Joueur de biniou au visage incroyablement expressif... comme s'il était offusqué qu'on le photographie!
Le musée est ouvert tous les après-midi du mercredi au dimanche. C'est vraiment une chouette balade, le parc est magnifique avec des arbres d'une hauteur impressionnante, et des allées faciles à emprunter, car revêtues d'un "stabilisé" très bien dammé. Il faut vraiment y aller.
Reconstitution de l'atelier d'Emile Simon, dans le musée. Tout était resté dans le manoir, depuis le décès de sa compagne .
19:00 Publié dans La vie au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
J'ai pas eu besoin de convaincre
A peine arrivée chez mes parents pour déjeuner, samedi, je leur ai demandé s'ils avaient regardé l'émission "A vous de juger" jeudi soir et ce qu'ils en avaient pensé. Ils ont trouvé Bayrou détestable : ils n'ont pas apprécié que celui-ci reproche à Dany d'être allé déjeuner à l'Elysée, alors qu'il y était invité en tant que président de groupe au parlement européen. Et maintenant, pour qui allez-vous voter? A l'unisson, mon père et ma père répondent: Europe Ecologie. OUF! Ils sont définitivement convaincus que le vote ieuropéen crédible est le vote écologique, d'autant plus que le film "Home" passé hier soir les a conforté dans l'urgence de faire tous à notre niveau des efforts pour préserver les ressources de la planète au lieu de se positionner pour les élections présidentielles de 2012 et d'apparaître comme le seul opposant crédible à Sarko. Alors que mon père ne tarissait pas d'éloge sur "Home", que personnellement, j'ai trouvé efficace, certes, mais trop beau sur le plan esthétique, avec une bande son énervante, ma mère, tout de même, malicieuse et futée comme d'habitude, se demandait si les couleurs n'étaient pas saturées. Ce n'est pas possible une nature de cette couleur! Je le pense aussi, mais bon.... l'essentiel est de faire passer un message, et une diffusion à 2 jours des élections européennes a certainement rapporté des voix aux mouvements écologistes. Habile programmation , ou pur hasard de calendrier? humm....
Bref, je n'ai donc même pas eu besoin de leur sortir mes arguments : non, je ne voterai pas "utile". Non, mon vote ne sera pas "une sanction contre le gouvernement". Non, je ne choisirai pas une liste "à cause de la crise". Oui, je voterai pour défendre mes idées, mes convictions politiques. Eh oui, je voterai parce que j'ai des valeurs, des idéaux qui valent encore la peine qu'on se batte pour eux. L'Europe est une projet de société, avec valeurs humanistes autant qu'économiques, pas une notion géographique avec une fronitière fixée arbitrairement, et si le Maroc ou pourquoi pas l'Ukraine voulaient y adhérer, je trouverai tout à fait normal qu'on écoute leur demande et qu'on leur présente le cahier des charges. En 10 ans, en 20 ans, un pays a le temps de changer et de se démocratiser. Que la Turquie reconnaisse Chypre, le génocide armémien, c'est la moindre des conditions à lui imposer, mais cela finira par arriver. La Suisse au beau milieu de l'Europe, géographiquement, n'en fait pas partie, mais les Antilles françaises sont dedans. Alors, hein? Le fait que la position du Modem soit plus que floue sur l'entrée de la Turquie a achevé de dissuader mes parents de voter pour le Béarnais, même pas élu dans sa ville.
A part ça, on a tous admiré le calme d'Olivier Besancenot durant le débat télévisé cacophonique de jeudi soir . C'est vrai que c'était le plus posé des protagonistes sur le plateau, et je suis certaine que cela lui sera favorable. J'espère vraiment que le NPA fera mieux que le nouveau parti de Merluchon, qui , de plus, a été grossier avec Arlette chabot.
17:59 Publié dans La vie au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.06.2009
Etre "surzone" au plus près de la "tragédie"
Cela faisait longtemps que l'expression surzone me tapait sur le système et voici que je viens de lire, dans la "gazette d'@rrêt sur images" et sous la plume de Daniel Schneiderman, ce que je voulais dire depuis longtemps:
"Que survienne une catastrophe inexplicable, au croisement de deux mythologies nationales, Air France et Airbus, et aussitôt, faute de mieux, se déploient les superlatifs rassurants. "Un des moyens de transport les plus sûrs au monde", "une des compagnies les plus sûres", "le bureau Enquêtes accidents français qui est un des plus sûrs au monde", "un avion qui a bonne réputation", "un équipage expérimenté", etc. Le commandant Borloo et son équipage n'en ont pas manqué un seul, depuis lundi soir. Ne serait-ce que par curiosité, on serait contents d'apprendre quels sont les avions qui ont mauvaise réputation, et quelles compagnies font voler leurs avions avec des équipages inexpérimentés.
Comme toujours lorsqu'une telle catastrophe oblige à s'en remettre aux hommes de l'art, leur vocabulaire prend le pas mécaniquement sur le vocabulaire civil. C'est vrai des psychologues et des foudrologues, dont nous faisons connaissance, mais particulièrement des militaires. C'est une sorte de putsch verbal imperceptible.
Ainsi le fameux "surzone", que tournent et retournent en bouche les présentateurs. "Des avions partis de Dakar sont surzone depuis hier, ils viennent d'arriver surzone", etc. On pourrait dire "sur les lieux", mais l'expression est préemptée par les policiers. "Sur place", plat, terne, manquerait de relief, de mystère et de suspense. Dire "surzone", c'est se glisser dans la carlingue avec les sauveteurs, dans l'odeur de kérozène, et y glisser les auditeurs avec soi. C'est se tenir au courant minute par minute, par communication radio, avec Papa tango charlie. C'est être certain de ne pas être distancé dans la "course contre la montre" engagée pour retrouver les boîtes noires, avant qu'elles cessent d'émettre. Accessoirement, c'est aussi ne pas dire grand chose, compte tenu de l'étendue de la zone en question qui, tracée au compas, s'étend si l'on a bien compris du large du Brésil au large du Sénégal, et échappe aux écrans radar, et aux mots ordinaires."
Au moment où j'écris cette note, j'écoute d'une oreille distraite les infos sur Fance 3 dans le séjour, et pour la vingtième fois depuis ce matin, on nous répète en boucle que les débris retrouvés par les Brésiliens sur la mer ne sont pas ceux de l'Airbus A330... Je suis excédée par cette manie de faire du jité avec rien, avec aucune information nouvelle, avec des images d'archives qu'on ne dit pas être d'archives.
Sarkozy à l'aéroport de Roissy, c'est Berlusconi dans les Abruzzes, inutile et ridicule. Mais les élections approchent, et qu'a t-il à proposer, sinon sa tenue de chevalier blanc, comme pour les paradis fiscaux, les infirmières bulgares, ou Ingrid Betancourt ? Lui aussi, il est "sur zone"... ! Toutes têtes de liste aux Européennes à Notre-Dame, parce que si on ne les voyait pas, ça risquerait de leur faire perdre des voix; hein, qu'est-ce qu'il (elle) foutait celui-là (celle-là) pendant que les autres étaient en prière?et les commandants de bord en uniforme pour la messe pour qu on les reconnaisse bien, ces hôtesses en pleurs, et tout ces gens massés sur les trottoirs aux abords de la cathédrale, au cas où on les interviewerait "non, je ne connaissais personne parmi les victimes, mais j'ai voulu être là, parce que c'est si triste". Ils étaient tous surzone.
Dans le même genre d'habitude détestable, il y a également un mot qui m'insupporte, c'est le "tarmac". Un "navion" ne se pose plus désormais sur une piste, mais uniquement sur un tarmac. Tarmac, ça fait guerrier, baroudeur, américain, alors que cela désigne exactement la même chose qu'une piste. C'est énervant.
Trouvé sur wikipédia : "Tarmac (apocope de tarmacadam, juxtaposition de tar (goudron anglais), et macadam est à l'origine un mot anglais qui désigne le revêtement à base de goudron utilisé pour améliorer l'étanchéité des routes macadamisées, et par analogie tous les revêtements en dur où le bitume, l'asphalte ou le béton ont remplacé le goudron. En français, tarmac évoque plus spécifiquement le revêtement des voies destinées aux avions sur un aérodrome : pistes, taxiways et aires de stationnement ou parking. Dans la terminologie grand public, le terme est parfois utilisé, par extension et avec une certaine connotation pédante, pour désigner les espaces d'un aéroport revêtus de tarmac, en particulier la zone où s'effectue l'embarquement et le débarquement des passagers (parking avions)."
Si je dis que j'ai l'intention de faire un "tarmac" en béton banché devant ma maison , je suis plus près du sens éthymologique du terme
Revenons au crach. Je suis excédée par ces "médias" qui ne font que tourner en rond avec des généralités, pour ne pas dire des banalités, du style : "les familles sont prises en charge par la cellule psychologique". Sans parler du lot de stupidités que l'on peut entendre : hier un soi disant "spécialiste" de l'aéronautique disait qu'un avion du type de celui de l'accident totalisait plusieurs millions d'heures de vol..... après un petit calcul, la réalité est qu'en comptant 24h de vol sur 24 sur 365 jours pendant 30 ans, on arrive à peine à plus de 250 000 heures..... Mais le plus intéressant est certainement ce dont parle l'article avec des questions de la part de "journalistes" d'une stupidité ahurissante, du genre : "cet avion est-il fiable?", "l'équipage est-il expérimenté?". Et là on est heureux, pour ne pas dire étonné, qu'un avion de type A330 d'Air France est fiable et que son équipage est qualifié..... Quand un accident de cet ampleur touche un pays "riche", en l'occurrence principalement la France puisqu'il s'agit d'un avion d'Air France, cela prend immédiatement une ampleur démesurée, on parle de "catastrophe", de "tragédie" alors qu'il serait plus juste de parler "d'accident tragique".
Tous les jours dans des pays pauvres (et non pas des pays en voie de développement) des centaines d'enfants meurent de malnutrition, de diarrhée, ou de maladies qui pour nous sont bénignes, et les médias s'en foutent royalement. Et là on peut parler de catastrophe ou de tragédie, mais pas lorsqu'un avion avec 228 passagers s'abîme en mer.....
19:39 Publié dans Entendu à la radio | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lipdub Europe Ecologie (sur La Crise du groupe "l'homme parle")
envoyé par EuropeEcologie. - Regardez la dernière sélection musicale.
et l'original ci-dessous: " La crise " du groupe gardois "L'homme parle"
J'adore cette vidéo! J'imagine bien ma fille chanter cette chanson (sauf qu'elle ne chante pas aussi bien que la chanteuse du groupe, Joanna) mais Flo pourait dire la même chose. C'est "éjaculatoire".... ou "jubilatoire"...comme on veut.
09:24 Publié dans La vie au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.06.2009
Encore une qui aime le béton, décidément c'est "tendance"
J'ai bien aimé Gros oeuvre, moins tout de même que la Maison en Chantier, car écrit de façon plus littéraire et un peu moins touchante. Dans l'une des nouvelles, il y a un mot que jai retenu, et qui m'a fait sourire, je suis étonnée d'ailleurs de ne pas y avoir pensé plus tôt. C'est "l'anarchitecture". Entre toi et moi, d'ailleurs, on pourrait parler de la "narchitecture" puisqu'on dit bien un "narchitecte", comme on dit .... un "navenire".
J'ai recopié un long passage de Gros Oeuvre, extrait de la longue nouvelle consacrée au siège du PC place du colonel Fabien, conçu par Niemeyer.
"Au premier plan, ce que je vois, ce que je préfère : ce dôme de béton peint en blanc comme à la chaux. Calotte sphérique de béton armé, partiellement enterrée – d’un tiers- et aveugle, d’une hauteur comprise entre le tiers et le quart du diamètre. Gros champignon immaculé, excroissance parfaitement lisse et proportionnée qui surgit de terre comme une forme organique sous l’effet de sa poussée. Sous la coupole, la salle du comité central. Là où je souhaite être enfermée seule, une nuit entière.
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Ce n’est pas parce que la façade sinueuse de l’immeuble de verre est comme un drapeau déployé au vent de l’histoire, ce n’est pas parce que le dôme est une forme architecturale lourde de mémoire ou qui figure l’arrondi du ventre maternel, promesse d’avenir, que j’aime ce lieu, bien au contraire. J’aime le béton, c’est tout.
Quand il est plastique, matière en fusion, molle et technique ; la pauvreté des matériaux et l’audace des formes ; j’aime que tranche le verre sur le béton, le béton sur le verre. Si c’est solide et utile, c’est beau.
Dans le hall, de grandes cuves cylindriques, vasques et baignoires pleines de béton solidifié, sont disposées çà et là sur la surface inclinée. Blocs posés comme des rochers sur une prairie artificielle, nature cachée de la lumière du jour, en synthétique et ciment, nature industrielle de la fin des années soixante-dix, qui vaut tous les paysages et le grand air. A la campagne, Place du Colonel-Fabien, la campagne dans un bunker sous les spots, m’allonger à l’ombre d’un pilier bétonné, faire une sieste en mâchonnant des brins de moquette, pieds au mur, au ras desquels de minuscules talus, huit centimètres peut-être, aux flancs couverts de la même moquette vert prairie, abritent des néons protégés par des grilles. Dans cette nature souterraine la lumière ne peut pas venir d’en haut, elle vient du sol maquetté et grillagé, une rigole de lumière monte, blanche, le long des murs sur lesquels est imprimé très nettement le relief du bois, des planches entre lesquelles, formant un coffrage, une banche, on a coulé le béton, puis qu’on a décollées une fois qu’il avait séché. Le béton banché a gardé l’empreinte des nervures, veines et nœuds du bois. Des murs gris, rugueux, striés, à la surface grêlée, forêt de murs en brut aux lignes courbées qui délimitent les différents espaces du hall, déployé et démultiplié en autant de clairières. Plus loin c’est une grotte, un mur non lissé, accidenté, en relief, organique, comme de la pierre, comme n’étant pas de la main de l’homme, coulée de lave claire sédimentée. Je pose ma main et je suis le relief irrégulier de la paume. Le lisse avec les doigts, l’accidenté avec la paume.
Peut-être bien que c’est du béton projeté. Projeté avec une sorte de lance à incendie haute pression, des granulats épais à la couleur sable. On dirait que le mur a été retravaillé après la projection, peut-être au BRH, brise-roche hydraulique, comme un marteau piqueur. C’est ce que laissent supposer ces saignées verticales. Mes hypothèses pourraient être contestées, c’est un procédé original et très cher, de 400 à 500 euros le mètre carré."
Joy Sorman dit qu'elle aime le béton, c'est tout. Moi, je ne dirais pas que je l'aime, c'est tout. Je ne le trouve pas spcécialement beau, j'ai toujours aimé la couleur, le contact, la toucher du bois, l'aspect de la pierre, la transparence et les reflets du verre. Le béton, c'est un matériau qui m'intrigue, qui me fascine, que j'admire, parce que c'est une construction humaine, une armature, une base, et parfois il est si beau qu'il ne faut pas le recouvrir, c'est un savant de mélange de plus en plus d'éléments de haute technologie pour atteindre d'ultra hautes performances, de microfibres ou de macrofibres, de granulats de toutes sortes, et de toutes couleurs, c'est un matériau toujours en évolution, dont les performances sont sans cesse repoussées plus loin. J'avais vu un documentaire il y a quelques mois qui montrait un béton translucide. C'est un matériau qui reflète l'intelligence de l'homme. Il peut être laid, rugueux, froid, triste, cassant, et parfois lisse, presque blanc, tellement proche de la pierre qu'on s'y méprend. Et puis c'est un matériau qui demande qu'on fasse vite et bien puisqu'il "prend". En fait, j'aime ce qui prend, ce qui durcit si le dosage est bon : une gelée, une mayonnaise, un flan, de l'araldite, une histoire d'amour....
19:18 Publié dans Des extraits de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Retour de la pub
Pour l'instant je ne souhaite pas renouveler mon abonnement payant à l'hébergeur Hautetfort, car je suis très loin d'être une bloggueuse assidue, n'utilisant que peu de possibilités parmi les fonctionnalités qu'offre le site, et peu encline à écrire régulièrement. Je garde ouvert ce blog, espèce de fourre-tout, car c'est une mémoire de biens des moments de ma vie de ces deux dernières années, une trace de mes lectures, de mes coups de blues et de mes enthousiasmes. C'est surtout une zone de communication que je souhaite garder au cas toute autre forme de communication deviendrait impossible. Tu me comprends.
Du coup, la publicité est revenue. Mais bon.... si c'est le prix à payer pour revenir à la version gratuite du site....
19:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.05.2009
"Ne mettre de la matière que là où elle est nécessaire" (Rudy Ricciotti)
La technologie, lorsqu'elle s'allie à l'esthétique, m'a toujours laissée pétrite d'admiration béate. Je n'aurais jamais pu être architecte parce que je ne "vois" pas dans l'espace, que je n'ai que deux dimensions dans la tête, que je n'ai jamais su dessiner et que j'ai toujours eu horreur de la géométrie, mais j'aurais pu faire (sans doute) une ingénieure convenable puisque j'étais bonne en maths (algèbre, trigo, probabilité, statistiques...) et en physique, si j'avais été un peu mieux orientée plutôt que de subir la décision indiscutable de mon père quant au choix de la grande école que je devais fréquenter.
Ce matin, mon intérêt pour le béton, matériau qui m'a toujours fascinée, m'a fait tomber par hasard, de clic en clic sur la toile, sur le Ductal, un "bfup" (béton fibré ultra-haute performance mise au point par Lafarge Ciments) matériau révolutionnaire utilisé par Rudy Ricciotti pour réaliser la passerelle piétonne qui mène d'un parking au pont du Diable , site classé par l'Unesco à la sortie des gorges de l'Hérault. C'est sur le site du Moniteur que jai recopié ces trois photos parmi la vingtaine qui montrent cette passerelle et ce pont. Si un jour je vais voir mon amie Pierrette qui a obtenu sa mutation dans l'Hérault, je tâcherai de trouver le temps d'aller voir le Pont du Diable et d'admirer la passerelle. Le premier tag sous la passerelle, en photo sur le moniteur, est adorable. Si j'y pense, je prendrai avec moi une bombe de peinture pour tagger mon amour....à celui qui sait que je l'aime.

La passerelle est composée de 15 éléments en béton précontraints en usine (les voussoirs) assemblés au dixième de millimètre. L'ouvrage ne tient que par des câbles invisibles tendus à l'intérieur même de sa structure, comme un pile de livres que l'on tiendrait à l'horizontale par la seule pression des mains. On est loin des fers à béton dont je parlais dans ma note d'hier!
Ce ne sont pas tant les performances exceptionnelles de ce matériau , le ductal, condensé de matière grise et d'innovation qui font tilt en moi, c'est surtout parce que c'est le fruit d'une collaboration étroite entre un architecte et une équipe d'ingénieurs, et tout particulièrement, avec Romain.... son fils. Un pont qui tient sans piliers, contreforts et haubans, c'est simple en apparence, c'est esthétique, discret dans la nature. Mais la technologie ne fait pas tout : c'est aussi une histoire d'hommes. Dix maçons seulement pour trois mois de chantier, et en amont seize ingénieurs et un an d'études.

Il y a deux mois, j'avais recopié ici sur ce blog un hommage que Ricciotti rendait à un ingénieur, dont je ne me souviens plus du nom, qui avait oeuvré pour le viaduc de Milau. Je n'ai pas été étonnée de lire que son propre fils était ingénieur et travaillait avec lui. J'aurais adoré être épouse et mère de deux types comme Rudy et Romain; Ô comme j'aurais été fière! Quelle complicité, quelle envie de réaliser ensemble une oeuvre d'art, quelle entente , quel amour (allons, n'ayons pas peur des mots) une collaboration comme celle-ci implique!

1er tag : Pour la plus belle des "pricesses"
21:57 Publié dans Architecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.05.2009
La maison en chantier
J'ai adoré ce livre de Christine Brusson. Il contient 64 courts chapîtres, qui peuvent se lire dans n'importe quel ordre, de une à trois pages, qui parlent de l'empreinte que laissent les outils, les chantiers, les maisons sur nos corps et nos âmes. J'ai trouvé par ci - par là de belles expressions, comme "penser avec ses dix doigts", ou "nous ne possédons pas une maison ,c'est elle qui nous possède".
J'aurais aimé que quelqu'un qui m'aurait très bien connue, qui aurait vraiment su quelle genre de femme je suis, toujours tiraillée entre le besoin ou la nécessité l'écriture et le besoin impérieux de me défoncer sur un chantier, dans la maison , au jardin, quelqu'un qui aurait également été passionné de lecture, toujours à l'affût des livres qui viennent de sortir, lisant, écoutant les critiques, m'offre ce livre. Je l'aurais conservé indéifiniment. Mais je l'ai acheté toute seule , et à peine fini, déjà remis en vente, pusique je n'ai personne à qui le prêter ou l'offrir et que je ne relis jamais les livres que j'ai déjà lus (sauf peut-être ceux auxquels je n'ai rien compris pour y revenir plus tard). Sur le site ou j'achète et revend mes livres, j'ai profité de ma dernière visite pour acheter "Gros oeuvre " de Joy sorman dont j'ai entendu parler dans une émission "Service Public" sur France Inter en début de semaine; ça devrait me plaire.
Pour résumer : Gros œuvre raconte 13 habitations en crise, précaires, ingénieuses, mobiles ou bricolées : autant de manières d’investir un lieu, de construire sa maison. 13 histoires qui posent la même question : que signifie habiter ?
Mais avant de revendre La maison en chantier, j'en ai recopié quelques extraits qui me parlent tout particulièrement et qui me font penser à certaines personnes que je connais ou à mon autre moi.
Se reconstruire
Est-ce un hasard si la plupart des gens qui rénovent leur maison ont une vengeance à prendre ? Ne doivent-ils pas prouver de quoi ils sont capables, à eux-même et aux autres ? Ils ne se produisent pas sur le grand théâtre du monde, mais dans l’univers clos et réduit de leurs travaux. Sans témoin. Sans compte à rendre qu’à eux-mêmes. On les a trop jugés. On a trop voulu es abîmer. Ils se sont réfugiés dans leur coquille dont ils embellissent à leur façon leur espace fermé, intime. Ce sont eux qu’ils voulaient rendre bons, restaurer, reconstruire. Alors leur est venue l’idée qu’en travaillant à leur maison, ils faisaient déjà la moitié du chemin. Le reste viendra de lui-même. S’ils ont de la chance. Si les lares*, contents d’eux, le leur permettent.
C’est certainement aussi efficace d’une psychanalyse.
Cela réconcilie le corps avec l’esprit. Un exercice de dressage.
Aussi beau à voir que les cadres noirs de Saumur qui font danser leurs montures dans la carrière ensablée.
* Lares: Dieux protecteurs du foyer domestique (c'est moi qui rajoute, je ne connaissais pas ce mot)
Se reposer
"Se reposer est une autre affaire. Le repos réclame contrairement à l’abrutissement, que nous soyons parfaitement nous-mêmes. Nous ne pourrons y songer que lorsque nous serons sortis de l’épuisement puisqu’il est un régime d’activité extra-ordinaire. D’abord nous retournons à l’ordinaire, ce qui demande autant de temps qu’il a fallu pour en sortir. Si nous nous épuisons pendant quinze jours, il nous en faudra quinze pour revenir à notre état normal. Comme la maladie exige que nous repassions par chacune des étapes, en marche arrière, pour retrouver la santé, nous remonterons le courant de notre extrême fatigue afin d’entrer dans le régime de la fatigue ordinaire, puis du repos. De cette façon reviendront nos forces vives. C’est un art, celui de restaurer ensemble corps et esprit. Une seule méthode : ne rien faire.
Rien d’autre que de passer agréablement le temps.
Il ne s’agit pas de partir skier aux sports d’hiver, ni d’aller randonner sur les routes de Compostelle, un barda de dix kilos sur le dos. A cette idée, mon corps me manque, mes jambes m’abandonnent ! Ah ! qui dira la folie de l’athlète du dimanche que les vacances épuisent plus encore que son travail, l’horrible obligation de ces temps modernes qui nous poussent à rentabiliser notre repos ! Laissons le temps libre de n’être rien. Une bulle d’air, un souffle. Quand le sommeil est revenu (parce que, épuisé, on ne peut même plus dormir, comme les enfants qui s’excitent quand ils sont trop fatigués, luttent contre le sommeil et sont incapables de le trouver), dormir. Manger avec modération de bonnes choses. Arrêter l’alcool, les magazines idiots, la télé, tout ce qui nuit à l’esprit. Lire de bons livres. Feuilletez d’excellents recueils d’images, l’Atelier infini, par exemple de Jean-Christophe Bailly, au titre prometteur. Raviver l’imagination. Ranger ce qui n’a pu l’être, faute de temps,. Marcher dans des chemins familiers. Faire la sieste, le ménage, l’amour lentement."
Féminin/masculin
"Nous, l’homme et la femme, ne serons jamais d’accord sur ce qui est ou non essentiel. C’est la différence insurmontable, la grande discordance. Avec l’appréciation que nous avons du temps, l’un et l’autre. Toujours de là partent les disputes : ce qui est essentiel pour l’un est accessoire pour l’autre, et vice-versa. Et le temps : il n’a pas la même qualité, la même durée pour chacun. L’homme a le nez collé sur le temps, ne compte que sur le présent, ne voit pas tellement plus loin que lui. Alors l’essentiel est ce qui vient. La femme voit plus loin mais peut-être plus mal. Je ne dis pas que l’un a raison sur l’autre. C’est toujours une question de point de vue, une question de temps justement, et comme on n’est pas d’accord là-dessus, j’ai pris le parti de ne plus discuter, d’arrêter les fâcheries.
C’est trop de peine perdue puisque l’autre ne comprend pas, avec la meilleure volonté du monde. Inutile de gaspiller l’énergie aux bagarres. Dans la dispute, c’est ce manque ou ce surcroît d’énergie qui est en jeu. La colère vient pallier une défaillance. Après un coup de colère, on se sent ragaillardi. On récupère un peu de ce qu’on a évacué au passage. Il faut trouver un équilibre dans la répartition des violences, savoir qui cède et que ce ne soit pas le même à chaque fois. Il s’agit d’être juste, et la justice procède de l’amour, je crois.
Sur le chantier, nous confrontons nos points de vue, nous nous affrontons, nos corps et nos volontés soudés ensemble. Nous devons partager l’espace. Chacun sa tâche, mais nous deux au même endroit nous nous gênons sans cesse. Maintenant, je ne fais plus attention à son désordre, à ses errements. S’il cherche ses outils, je ne l’aide pas à les trouver. S’il s’y prend mal, je le laisse dans son erreur. Il la réparera assez vite quand quand il s’en sera aperçu. Qu’il aille son chemin, ce n’est pas mon affaire. Au bout du compte le résultat sera le même. Nous avons le même but. Nous cherchons la même chose. Le reste n’est rien."
Mes outils (extrait)
"J’ai eu une bétonnière aussi, que j’ai adorée. Elle était d’un bel orangé pétant et bien dressée sur ses trois pattes. Sa cuve retournée, on aurait dit un gros scarabée très sage. Depuis dix ans, je rêvais de m’en acheter une. J’ai regardé mes mains, mes mains épaisses, tordues, sans ongles, qui ne sont belles qu’au travail, et j’ai su que je méritais d’avoir un tel engin, que ce jour était arrivé. Aujourd’hui elle a perdu de l’impétuosité de sa couleur. Ce n’est plus qu’un jaune affadi, où apparaît ça et là la rouille qui ronge. Le ciment a attaqué sa surface, recouvert d’une couche de crasse indécollable chacune des saillie qui s’offrait à lui, les ailettes de la cuve surtout. Quand elle tourne le moteur émet un bruit rauque, irrégulier, une sorte de mâchonnement spongieux qui semble nous signifier qu’il en a marre et qu’il rendra bientôt l’âme. Mais je l’aime toujours autant. En elle, vit le souvenir de grandes réalisations, celles qui demandent une préparation minutieuse, des livraisons de sable et de cailloux dressés en tas pointus, des gants, des seaux, la brouette. Oui, je l’aime comme au premier jour."
L'extrait ci-dessus me touche en plein coeur. Je n'aurais jamais osé avouer que cela fait longtemps que j'ai envie de m'acheter une bétonnière, que je consulte souvent le site "le bon coin" pour regarder les prix des bétonnières d'occasion à vendre ou à louer dans le Finistère, que je note leur capacité, la puissance de leur moteur. J'ai très envie de couler une dalle de béton tout le long de la façade sud de ma maison, pour y poser ensuite des lattes de bois qui patineront avec le temps. J'ai estimé que la dalle ferait aux alentours de 80 m2 depuis le devant de ma chambre à l'Est jusqu'à l'autre bout, à l'Ouest, je fais des calculs de m3 de matériaux à acheter et à budgeter , et les planches de coffrage, si je veux faire une dalle de 8 cms d'épaisseur, en faisant une hypothèse sur le volume d'un seau, sachant qu'il faut, en proportion, 3 seaux de gravillons pour deux de sable, et un de ciment. Mais je n'ai pas encore étudié la question des fers à béton : quel diamètre, quelle longueur, dans quel sens et sur quoi les poser ? J'ai encore beaucoup à apprendre sur la technique et ....à étudier la faisabilité et l'intérêt de la chose.... Bref,je ne suis pas encore prête à passer à l'acte. Alors quand je lis qu'une femme, intello et littéraire bien plus que moi, a rêvé dix ans durant de s'acheter une bétonnière, tout à coup, je me sens un peu plus normale. Et puis, moi aussi, j'ai les mains épaisses, tordues, sans ongles, même pas belles, même au travail. Et des ampoules, et des écorchures, et des griffures de ronces, et des traces de coup de scie, et des bleus laissés par des marteaux....
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26.04.2009
Week-end à la maison avant le grand inconnu des deux prochains
Entendu ce matin à la radio, faisant suite à une information sur la grippe porcine, et pour réhabiliter cet animal, le porc, somme toute bien sympathique , malgré sa réputation d'être sale et sagoin:
Le porc est optimiste : Qui vivra verrat
Le porc ne raconte pas de salade; ne dit-on pas "en franchise de porc"
Le porc est aimable : le porc salue
Le porc n'est pas macho : ne faites pas aux truies ce que vous n'aimeriez pas que l'on vous fasse!
Sans transition...
Vendredi soir, j'ai regardé sur la 5, "Empreintes" émission consacrée à Jean Nouvel, et j'étais d'autant plus curieuse que Télérama en disait ceci : " Mais le charme - ou le trouble?- de ce documentaire est ailleurs. La réalisatrice, Odile Fillion, qui fut voilà vingt ans, Madame Nouvel, ressort de ses placards quelques cadavres exquis. Jen Nouvel, presque nu, au lit; ou avec leurs enfants dans la piscine d'un club de vacances; ou jeune et maigre, cheveux filasse et rouflaquettes, avec ce débit saccadé qui bute sur les mots et trahit, déjà, son ambition. Il y a du règlement de comptes dans l'air. Nouvel, malin, le sent quand il reconnaît que ce métier est incompatible avec la vie de famille : "femme de marin, c'est dur, mais femme d'architecte....." Elle le lui rend bien. "
En tout cas son ex n'a pas l'air de trop lui en vouloir; elle le filme dans certaines scènes avec un blonde qui a l'air assez jolie et assez jeune, mais qu'on ne voit jamais vraiment de face, et à un moment Nouvel dit "c'est la première fois que je vis avec une architecte....". On sent qu'entre ces deux-là, sa femme actuelle et lui, il ya une connivence évidente.
A un moment, alors que le documentaire montrait un extrait d'émission télévisée où il était interviewé, m' a-til semblé reconnaître, par Drucker, on voit un texte défiler. Ce texte dit ! "Je suis un traumatisé des concours; j'ai des cicatrices partout. Un projet perdu, ça se pleure et ça s'enterre en silence et en beuveries, comme un cher disparu. Il y en a qui ne vous lâchent pas, qui reviennent en obsessions précises."
On lui demande alors :"pourquoi avez-vous perdu le Stade de France?". Il répond: "j'ai perdu pour des raisons un peu sordides de financement de campagne électorale ". Strictement vrai ou pas pour ce projet précis, cette raison doit - ou devait avant un changement de règles concernant les appels d'offre? - être très fréquente. Je n'aurais jamais eu les nerfs de faire ce métier, si j'en avais eu par ailleurs les compétences.
Je me souviens que ce sont mes fils, alors étudiants en architecture à Paris qui m'avaient parlé de lui pour la première fois, vers 1991-1992, avec beaucoup d'enthousiasme. Je pense qu'ils l'avaient rencontré ou avait suivi un cours ou une conférence avec lui. Personnellement, il ne m'émeut pas; je ne le trouve ni franchement sympathique, ni franchement antipathique; je n'arrive pas à me faire un opinion sur lui. Tout ce qu'il a conçu et qui nous a é té montré durant ce documentaire ne m'emballe pas vraiment; dans son opéra de Séoul, par exemple, je ne retrouve pas l'audace de l'opéra de Pékin ou de celui de Sidney....
Et puis, pour terminer cette note, une photo que je te dédie, de la pivoine que j'ai plantée il y a deux semaines. La veille, elle était encore en bouton bien rond, et le lendemain, complètement épanouie. Je ne pourrais jamais regarder ce plan de pivoine sans penser à toi.
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19.04.2009
Il y a des gens qui naissent avec le noyau fêlé
Je dois poster demain le livre "D'autres vies que la mienne" d'Emmanuel Carrère que j'ai remis en vente sur Amazon sitôt acheté sur ce même site. C'est la solution que j'ai trouvée pour lire des livres que je ne trouve pas encore à la Médiathèque, qui viennent de sortir et dont j'ai entendu beaucoup de bien, sans que cela ma coûte le prix d'un neuf. Comme je n'aurais pas l'occasion de relire ce livre avant longtemps, je me suis recopié quelques extraits qui m'ont particulièrement touchée.
« Pierre Cazenave* n’est pas un théoricien, il parle seulement d’expérience : la sienne et celle de ses patients à qui le lie, c’est la formule par quoi il définit son art et j’aimerais être digne de la reprendre à mon compte, « une solidarité inconditionnelle avec ce que la condition d’homme comporte d’insondable détresse ». Dans le tableau clinique qu’il décrit, je reconnais quelqu’un qui n’était pas cancéreux, qui, c’est horrible à dire, n’a pas eu cette chance, et qui s’est inventé un cancer parce qu’il savait obscurément que c’était sa vérité, parce qu’obscurément il aspirait à ce que cette vérité soit reconnue par ses cellules. Comme elle ne l’a pas été, il n’a pas eu d’autre ressource que le mensonge. Ce quelqu’un, c’est Jean-Claude Roman. J’y reconnais aussi une part de moi-même , celle qui s’est reconnue en Romand, mais moi j’ai eu de la chance, j’ai pu faire des livres de mon mal plutôt que des métastases ou des mensonges. J’y reconnais enfin quelque chose d’Etienne, qui faisait d’horribles cauchemars, qui a pissé tard au lit, qui s’est persuadé que son père avait été violé enfant. Alors bien sûr, je ne crois pas que tous les cancers s’expliquent ainsi mais je crois qu’il y a des gens dont le noyau est fissuré pratiquement depuis l’origine, qui malgré tous leurs efforts, leur courage, leur bonne volonté, ne peuvent pas vivre vraiment, et que d’une des façons dont la vie, qui veut vivre, se fraie un chemin en eux, cela peut être la maladie, et pas n’importe quelle maladie : le cancer. C’est parce que je crois cela que je suis tellement choqué par les gens qui vous disent qu’on est libre, que le bonheur se décide, que c’est un choix normal. Les professeurs d’allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché. Je suis d’accord, c’est un péché, c’est même le péché mortel, mais il y a des gens qui naissent pécheurs, qui naissent damnés, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volonté n’arracheront pas à leur condition. Entre les gens qui ont un noyau fissuré et les autres, c’est comme entre les pauvres et les riches, c’est comme la lutte des classes, on sait qu’il y a des pauvres et qui s’en sortent mais la plupart, non, ne s’en sortent pas, et dire à un mélancolique que le bonheur est une décision, c’est comme dire à un affamé qu’il n’a qu’à manger de la brioche. Alors, que la maladie mortelle et la mort puissent être pour ces gens-là une chance de vivre enfin comme l’affirme Pierre Cazenave, je le crois et je le crois d’autant plus que, s’il faut tout avouer, à certains moments de ma vie, j’ai été assez malheureux pour y aspirer. Je pense, écrivant ceci, en être très loin désormais. Je pense même, si présomptueux qu’il soit de le dire, être guéri. Mais je veux me rappeler celui que j’ai été et que sont beaucoup d’autres. Je ne veux pas redevenir mais je ne veux pas oublier ni traiter de haut celui que le renard dévorait, il y a trois ans, à écrire ce récit. »
*: Pierre Cazenave, un analyste

Ben, non, pas si simple que cela.... quand on est né avec un noyau fissuré dès le départ...
Je tacherai aussi de ne plus jamais être "professeur d'allégresse"!
20:07 Publié dans Des extraits de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


