20.07.2008

J'ai vielli du cou, c'est incontestable!

C'est chiant de vieillir! 42 ans séparent ces deux photos. Je ne devrais pas trop me plaindre, mais quand même....grrrrrrrrrrr

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Quand j'observe attentivement ces 2 photos, comme si je jouais au jeu des "sept erreurs", je trouve une différence phénoménale au niveau du cou. Pourquoi maigrit-on du cou alors qu'on prend du bide?

Et puis , je trouve quelque chose d'assez indéfinissable dans l'énergie que reflète mon visage sur la photo de droite, comme si je disais "je vais mon chemin  et je vous emmerde" . Sur celle de gauche, j'ai l'impression d'avoir arrêté un automobiliste en faisant du stop et de lui dire "Je vais à La Forêt-Fouesnant, vous pouvez me déposer?"

C'est peut-être cela vieillir : avoir besoin-envie de quelqu'un pour vous emmener quelque part?

19.07.2008

Sociologie de la boîte aux lettres

Il y a des boîtes aux lettres qui en disent long sur la mentalité de leurs propriétaires. J'aime bien faire de la distribution "militante" (pour mon bulletin municipal "fait de mes petites mains")  avec mon vélo  non seulement dans le but louable d'alléger les finances communales de quelques centaines d'euros au détriment de La Poste,  tout en faisant un peu de sport, mais  surtout pour découvrir tous les lieux-dits de la commune,   prendre conscience  du manque de sécurité de certaines routes ou petits chemins pour les piétons ou les vélos,  me permettre de regarder ce que les gens ont planté dans leur jardin et comment ça pousse. Mais le plus rigolo, c'est de chercher où se cache la boîte aux lettres et de voir à quoi elle ressemble! Autant une maison peut donner une idée précise du standing des gens qui l'habitent, autant le look de la boîte peut être  parfois complètement déconnecté du reste de la propriété. Bien sûr, la grande majorité est  constituée de la boîte standard que le facteur peut ouvrir pour y glisser un colis, mais je suis étonnée du nombre de boîtes hors normes.

Quelques exemples :

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La boîte complètement déglinguée avec le caillou au-dessus pour pas qu'elle ne s'envole

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La boîte en chantier (maison terminée quant à elle!)
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La boîte minimaliste
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La boîte bucolique
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La boîte petit nid d'amour (à l'entrée d'une ferme)
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La boîte clodo (à l'image de la maison d'ailleurs). La flèche vers le bas indique qu'il faut déposer les colis sur la cuvette renversée.
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La boîte confidentielle
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La boîte scotchée pour qu'on n'y mette rien dedans (maison habitée pourtant!)
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 La boîte maison de poupées
Dommage, je n'avais pas mon appareil photo pour la boîte avec l'avertissement "Attention chat bizarre"! Et j'ai eu beau cherché, je n'en ai pas trouvé avec la mention "Uniquement pour les mots d'amour"

16.07.2008

Mal de terre

Plus j'avance en âge, plus je réalise que les plus grandes satisfactions dans la vie sont celles que l'on se donne le mal de provoquer soi-même, celles que l'on se crée et que l'on organise, et qu'il ne faut plus compter sur "autrui" pour recevoir toute cuite une gentille proposition. Il y a des retours à terre qui font un petit peu mal au coeur. Quand j'apprends par exemple que mon fils et son père participent à Douarnenez avec le côtre de ce dernier , joli vieux grément  de la rade de Brest, alors que j'avais envoyé un mail il y a plusieurs mois proposant un coup de main pour le remettre en état, et demander - si cela ne dérangeait pas- que je puisse naviguer dessus une journée ou deux. Bien sûr, jamais eu de réponse, même négative. Quand j'apprends aussi que des amis à qui j'avais exprimé depuis longtemps le désir d'embarquer un jour ou une après-midi sur leur joli voilier ont navigué à quelques encâblures le même jour sans me demander si par hasard, je ne serais pas disponible pour faire un tour.....

Il ne me reste plus qu'à m'acheter un laser radial ou un skiffe, ou pourquoi pas les deux, et naviguer toute seule, puisque personne ne veut de moi à bord, sauf si c'est moi qui prépare tout.

Voilà, c'était juste une peu d'aigreur du matin, teinté de quelques gouttes d'eau au coin des yeux.

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Bon vent à tous ( souhait à prendre au premier degré)!

08.07.2008

Brest 2008, c'est parti!

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Une organisation et un accueil absolument parfaits :  fléchage irréprochable, navette pour aller vous chercher de la zone de mouillage au quai, 2 fois plus de bracelets permettant l'accès gratuit au site que le nombre d'équipiers (pour tenir compte du fait que les bateaux sont gérés par une association) sandwiches et T-shirts offerts , transfert organisé le 10 juillet pour déplacer les bateaux de leur mouillage provisoire à celui qui leur est affecté (port militaire pas encore ouvert)
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La plus belle des yoles sur la plus belle des remorques 
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Les yoles de Ste Marine, Gouesnac'h et Pleuven s'apprêtant à passer 2 jours au port de commerce.

28.06.2008

Mes baobabs

Un baobab coeur
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Un baobab papillon
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et crabibab et cachoubab (les plus beaux!)
 
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 L'expérience m'a enseigné qu'il faut beaucoup de chaleur, de soleil et de tendresse pour les faire pousser! La question est de savoir quand et comment les rempoter pour ne pas les faire crever, et qu'ils continuent de croître de façon harmonieuse....je leur parle beaucoup,  je les arrose (mais trop ou pas assez?) je les flatte, je les caresse, mais sont-ils sensibles à mes attentions? Parfois, j'ai l'impression qu'ils m'ignorent, qu'ils n'ont font qu'à leur tête, qu'ils oublient de dire merci,  mais qu'ils ne se tournent vers moi que lorsqu'ils ont soif....dure, dure la baobiculture...

27.06.2008

Sociologie de la déchetterie

Malgré la réticence avec laquelle j’établis chaque année à cette époque un chèque pour régler ma taxe « ordures ménagères », vu le peu de fois où je mets mon conteneur perso au bord de la route et le nombre d’allées et venues que je fais pour aller à la déchetterie, je ne regrette pas l’époque du ramassage mensuel des encombrants devant ma porte. Je me soupçonne même de mettre de côté pour un prochain voyage les bouteilles que je pourrais balancer dans le conteneur à verre sur le parking du superU et les cartons qui trouveraient leur place dans les sacs transparents papier-alu-boîtes-de-conserve-bouteilles-plastique ramassés hebdomadairement.

Je pourrais aller à la déchetterie tout autre jour de la semaine, mais c’est le samedi matin que je préfère m’y rendre. On  peut y faire de belles rencontres, si si si, je vous assure. Il se trouve toujours quelqu’ami(e) à bisouter ou à saluer sans toucher, «Tiens, qu’est-ce que tu deviens ? », "excuse-moi, j't'embrasse pas, j'suis crade". Car ce qu'il y a de bien aussi quand j'entreprends une expédition à la déchetterie, c'est que je n'ai pas besoin de  changer mon tee-shirt qui pue et mon jean maculé de taches sales ( oui, ce n'est pas un pléonasme : les taches propres sont celles qui ne partent pas au lavage; il y a une différence).  Le lieu autorise ce genre de négligé.  Si je vais au SuperU,  par contre, j'ai un standing à respecter. Je ne suis pas gênée non plus pour aborder un inconnu tout aussi perplexe que moi pour lui demander conseil « Vous jetteriez ça où, vous ? ». Au fil de mes nombreuses visites, j’ai fini par comprendre qu’il fallait me gratter la tête devant le coffre ouvert de la voiture, que j’emplis pêle-mêle, tandis que d’autres usagers rangent méthodiquement leurs déchets dans des caisses classées dans l’ordre des bennes pour un dépôt rapide et organisé.

 Devant mes hésitations, un usager compatissant ou un employé du lieu vient gentiment me donner conseil ou un coup de main pour benner mes trucs dans la benne appropriée. Moi, j’aime bien passer du temps à la déchetterie ; je ne suis pas pressée. Vous allez rigoler, mais j’aime bien l’odeur de ce lieu : les montagnes avoisinantes de compost en libre-service embaument. J’admire les manœuvres impeccables faites  par certains avec leur remorque ; ça sent le pro de la déchetterie. Et puis, j’aime bien regarder ce que les autres jettent, des trucs que je trouve réparables par exemple, ou qui en disent long sur les habitudes ou le style d’ameublement. On en voit aussi qui sont là, à l’affut, pour récupérer quelque chose avant d’être benné, puisqu’il est théoriquement interdit de récupérer. Mais j’ai déjà laissé un vieux vélo ou une voile de windsurf à côté d’une benne, exprès.  Un truc que jadore, c'est jeter des bouteilles et entendre le bruit du verre qui casse; les bouteilles en plastique, c'est un peu moins drôle, mais c'est si joli à regarder tout ce plastique transparent avec les points de couleur que forment les bouchons.  Et puis, entreprendre une expédition à la déchetterie suppose un grand moment de réflexion. Un pot de peinture vide se jette dans la benne à ferraille ou dans le containers des pots de peinture (pas vides) ? Une vitre cassée qui ne rentre pas dans le container à verre, ça se balance dans l’incinérable ou dans les gravats ? Ce sont là de vraies questions.

 Parfois, je me dis qu’un blog, c’est une sorte de déchetterie avec ses différentes bennes. Certains blogs sont vachement bien classés et organisés, on ne jette pas n’importe quoi, n’importe où. Dans le mien, j’y jette pas mal de choses dans les gravats ou l’incinérable, sans ordre. Si certains veulent récupérer quelque chose qui peut leur être d’une quelconque utilité, ou devinent au travers de mes mots comment je vis, je les laisse piocher, soulever, regarder, et re-balancer. Ecrire une note, c’est faire un coucou. Tiens, tu as vu, j’ai jeté ça. Si tu trouves ça récupérable, si ça te rappelle quelque chose, si tu veux emporter, tu fais comme tu veux....

"Fa venire il mal di stomaco"

(Lettera di Berslusconi a Schifani)

 "La verità mi fa maaaale!"

"Son éminence" craindrait-elle la prison? Beurq....

Compassion et empathie pour la gauche italienne (et même pour la droite démocratique).

La vidéo suivante est gratinée aussi : "i guidici : metastasi della democrazia" !

 Mamma mia!  A l'auditoire à qui il demandait "Vous savez ce que je fais le samedi, lorsque je ne suis plus Président du Conseil?", des sifflets et des voix se sont élevés pour crier "on s'en fout"... mais ça ne  le déstabilise pas, il continue à vitupérer contre les juges et quitte  la salle souriant et content du lui! Au fait, la réponse est " je passe mes samedis  avec mes avocats à préparer les audiences des  procès qui...  me collent au cul!"

Depêche de l'AFP en français sur l'adoption d'un projet de loi par le Gouvernement Berlusconi,  aujourd'hui 27 juin, lui assurant l'immunité pendant la durée de son mandat (et accessoirement aux trois autres plus hautes charges de l'Etat, dont aucun des tenants n'est impliqué judiciairement)

25.06.2008

Pourquoi les français ne connaissent pas Dante (selon Philippe Sollers)

 

Je ne vais sans doute pas acheter le  livre de Philippe Sollers, mais  plutôt celui de Jacqueline Risset (57 € aïe aïe aïe!): La divine comédie illustrée par Botticelli". Quant à apprendre quelques vers, j'essaierai d'en choisir quelques uns dans le paradis plutôt que dans l'enfer....

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21.06.2008

Pour Franco M.

A toi Franco, qui est un Italien plus Allemand que Français, alors que tu parles et comprends si bien ma langue maternelle, je te dédie cette chanson chantée sublimement par la flamboyante Milva. En fait, j'ai cherché sur le net  la vidéo de  la chanson que Milva interprête également "Ich hab' keine Angst" mais je n'arrive pas à la trouver.  Je me suis rabattue sur Lili Marleen qui est à mon avis aussi bien sinon mieux interprêtée que par Marlène Dietrich, avec une voix un peu plus grave, peut-être. Et Milva est (était) si belle)! Un régal, je trouve! Elle fait partie de ces chanteuses qui émeuvent comme Mélina Mercouri. Une autre chanson en allemand par Milva  sous ce lien, "Zusammenleben", une chanson qui est capable de me faire pleurer si je prends les paroles au 1er degré...

 

Et une des plus jolies chansons françaises (texte de Rezvani)! Dans cette vidéo, on a l'impression que ce sont deux femmes qui se chantent l'une à l'autre; alors que c'est manifestement, selon les paroles, une  chanson chantée par un homme à une femme  mais que je n'ai jamais entendue interprêtée par un homme. Mais j'aime beaucoup la sensualité des embrassades que Vanessa et Jeanne se font à la fin (c'était à Cannes, je crois,  il y a quelques années). C'est mon côté parfois un petit peu "bi" (comme dans "ambivalent)  qui me fait vibrer en regardant ces images. J'aime regarder une jolie femme, qu'elle soit jeune et jolie comme Vanessa ou âgée et émouvante  comme Jeanne... 

Faites de l'été

Et voici qu’on y est. Encore une année où il fait gris en cette plus longue soirée de l'année. Encore une année, où je me dis que l’an prochain, ce sera mieux, quelqu’un m’appellera pour organiser quelque chose. Parce qu’il fera chaud, que je ne serai pas seule,  que je mettrai une jolie robe dos nu à fines betelles sans soutif, que je déambulerai dans les rues de la ville, écoutant une fanfare par-ci, une école de musique par-là, souriant aux couacs des chanteurs amateurs que personne n’écoute, en tenant par la main un doudou roudoudou. Et puis, c’est encore une année, où ce soir j’ai du mal à m’endormir où la soirée me semble interminable…. et toujours cette solitude douloureuse de ne pas réussir à socialiser comme jele voudrais.

L’an dernier, je me souviens, j’étais partie à Logonna Daoulas, où un copain jouait de la guitare avec quelques autres potes. Je n’avais pas particulièrement envie de voir et écouter ce copain qui m’avait  poliment envoyé un mail pour me faire part de sa prestation, mais juste en fin d’après-midi, précisément, j’avais reçu un mail d’un homme qui commençait à me plaire et qui m’avouait un peu penaud qu’il vivait toujours avec son N° three, contrairement à ce que je m’étais illusionnée. Je tombais d'un peu haut, je me souviens, tant la déception avait été grande. J’avais donc pris la voiture pour faire presque une heure de route,  afin de me changer  de l'idée que les hommes sont tous des bonimenteurs, malgré le temps qui menaçait de gâcher la fête et  le risque de parcourir des kilomètres pour rien.  Je n'avais rien à perdre, même pas du temps. Les groupes étaient tous plus nuls les uns que les autres et je m’ennuyais ferme en attendant le groupe brestois de mon copain,  dans une sono stridulente à frémir.

Alors pour  me  faire patienter, j’étais allée jusqu’à Moulin mer, un minuscule petit port au bord de la rade de Brest à quelques kilomètres de là. Toute ma vie, je me suis souvenue de cet endroit, car c’est là, sous une tente que j’ai passé la première nuit de ma vie à côté d’un garçon, qui allait devenir deux ans plus tard mon mari. On était trois dans la tente, Patrick, moi et un autre garçon d'une douzaine d'année. Il ne s’est rien passé d’autre que quelques chastes bisous, mais pourtant nous avions dormi dans le même sac de couchage, et cette nuit m’avait laissée un souvenir impérissable car c’était bien la première fois de ma vie que mon corps était allongé à côté du corps d’un autre. Je pense qu’on a dû dormir tout habillés, mais quand même….quelle émotion ! Normalement, il était prévu que je dorme sur le Corsaire qui mouillait dans l’anse, et j’avais dû raconter des cracs inimaginables  (bling bling de la drisse le long du mat m'empêchant de dormir?) pour expliquer au responsable de notre groupe que soudain, je ne voulais plus dormir à bord. Il avait fallu que l’on aille chercher la Caravelle qui faisait office de sécurité pendant notre périple pour me ramener à terre. Mais le père Le Bot était vachement sympa et m'aimait bien, j'aurais pu tout lui demander. C’était une fin août pluvieuse et froide et pourtant dans mon cœur de 18 ans, quelle chaleur m’a laissée cette nuit ! L'été dernier à Roscanvel, j'ai emprunté un kayak de mer à l'un des voisins des amis qui m'hébergeaient pour quelques jours de vacances. Ce charmant garçon que je n'avais pas reconnu m'a demandé si je me souvenais de notre expédition à Moulin Mer. .. je ne voyais pas ce qu'il voulait dire, jusqu'au moment où il m'a dit "tu ne te souviens pas, on a dormi dans la même tente à Moulin Mer?". C'était lui qui avait 12 ans à l'époque! Le bruit de nos papouilles avaient dû l'émoustiller....

(Ce n'est pas moi qui ai pris cette photo, mais elle rend assez bien la lumière que j'ai gardée en tête de ce petit coin de la rade de Best)moulinmer2.jpg

Récemment également, j’ai revu chez un ami un tableau de ce coin, que sa compagne avait commencé à peindre et qu'il avait terminé.  Sur ce tableau, il y a un homme. Il n'a pas la silhouette de celui que j'allais épouser à 20 ans, mais pour moi, la présence de ce personnage sur ce tableau m'a fait un effet terrible. J’aurais  adoré avoir cette toile à la maison, très simple, un peudans le style de Hopper. J’ai toujours eu l’impression que ma vie de femme avait commencé à Moulin Mer. J'ai tout de suite reconnu sur la toile cet endroit, même si depuis cette époque, une école de voile a été construite. Mais l'an dernier, la lumière était la même que dans les souvenirs de mes 18 ans, un temps de grisouille patapouille. Il est vrai qu'il devait être près de 23 heures...Un chemin de randonnée part  (ou passe par) ce petit port. Un jour, il faudra que j'aille marcher par là... en tenant la main de quelqu'un pour ne pas ma prendre les pieds dans une branche de nostalgie qui pousse au bord de l'eau...Passéiste, moi?  Ben oui, je l'avoue. Mais si le présent pouvait être un tantinet plus enthousiasmant....

19.06.2008

Une juste remise des pendules en place

L'ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet, dans un discours du 27 avril  dernier à l'Université du 8 mai  1945 a tenu un discours remarquable, malheureusement trop peu relayé par les médias.  J'avais lu dans un N° de Marianne de début mai, celui que j'avais acheté pour lire dans le train en allant à Rome un court entrefilet élogieux sur les propos qu'il avait tenus  au nom de la France et suis depuis  allée lire  l'intégralité du discours sur le site de l'Ambassade de France à Alger.

 Dans ma note du 20 mars dernier  rédigée suite à ma participiation en tant que conseillère municipale nouvellement élue aux commémorations du 19 mars 1962, j'avais été gavée d'entendre 3 ou 4 fois la lecture de la lettre du haut commandement de l'armée française appelant à un cessez-le-feu. J'avais tenté de retranscrire la profonde nausée que j'avais éprouvée à l'écoute de la lecture de ce document  par les anciens combattants d'Algérie. J'étais  en effet outrée que cet appel ne parle de l'ennemi algérien qu'en ces termes "un ennemi  souvent exalté mais toujours courageux", sans évoquer le moins du monde les atrocités   commises par l'Armée Française.  Je sais, les massacres de Sétif n'appartiennent pas à la "guerre d'Algérie" et se sont déroulés plus de 15 ans auparavant. Mais il y a bien un lien.  Voir l'article du Monde Diplomatique de mai 2005 titre : "La guerre d'Algérie a commencé à Sétif"

Quoi qu'il en soit, Bernard Bajolet a enfin, au nom de la France, reconnu les faits.

Extrait :

"Votre université porte le nom du 8 mai 1945. "Le 8 mai 1945, date historique qui a marqué pour le monde le terme du second conflit mondial et la fin du régime nazi, mais a dans cette ville d’autres résonances qui renvoient à l’un des épisodes les plus dramatiques de l’histoire de l’Algérie coloniale. Et c’est là l’autre raison de mon déplacement à Guelma, car, à l’approche de la date anniversaire du 8 mai, on ne peut oublier la terrible tragédie qui a ensanglanté votre ville et toute la région il y a maintenant 63 ans. Le 8 mai 1945, alors que les Algériens fêtaient dans tout le pays, au côté des Européens, la victoire sur le nazisme, à laquelle ils avaient pris une large part, d’épouvantables massacres ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata. Ce déchaînement de folie meurtrière, dans lequel les autorités françaises de l’époque ont eu une très lourde responsabilité, a fait des milliers de victimes innocentes, presque toutes algériennes, ainsi que des milliers de veuves et d’orphelins, même s’il ne faut pas oublier que plusieurs dizaines de civils européens ont également été assassinés au cours des affrontements. Ces journées, qui auraient dû être pour tous celles de la liberté retrouvée, de la fraternité redécouverte dans un combat commun et d’une égalité encore à bâtir, ont été celles de la haine, du deuil et de la douleur. Elles ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d’une tache indélébile. "

Le reste du discours est ici

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Dans le magazine "Histoire" du mois de juin, (revue que j'ai achetée exceptionnellement car dédiée à Dante, fabuleux personnage que je souhaite un peu mieux connaître pour mieux comprendre Florence où j'irai en août), il est dit dans la rubrique "on en parle" : "Sétif, la reconnaissance d'épouvantables massacres" : pour la première fois, un responsable français évoque ainsi la répression des manifestations d'Algériens à Sétif, le 8 mai 1945, qui a fait des milliers de morts. L'ambassadeur de France en Algérie Bernard Bajolet intervenait à Guelma, à l'Université du 8 mai 1945, quelques jours avant la date anniversaire".

Il se trouve que l'homme qui a prononcé ce discours est le frère de ce gentil copain qui m'a envoyé cette photo que j'ai collée dans ma note "les petits garçons ne naissent pas tout roses dans les choux" , photo sur laquelle on croit voir des petits bonhommes blancs dans une espèce d'orchidée. Ce botaniste- biologiste-paysagiste me parle souvent au téléphone de son frère en des termes plein d'admiration, d'affection et tendresse,  et promet de venir me voir quelques jours en Bretagne, dès qu'il aura appris, à son frère, lors de brèves vacances, à traire ses biquettes... sinon, il aura du mal à s'absenter.

Plutôt que de dire "le monde est petit", j'aime bien  utiliser cette expression "on fait tous partie les uns des autres". Une façon de dire qu'on est tous liés les uns aux autres par un petit bout...

17.06.2008

Les dessous de l'Assemblée nationale expliquée par un député

Hier soir, j'ai assisté à une réunion  des plus intéressantes. Jean-Jacques Urvoas, le député de la circonscription de Quimper, est venu faire le bilan de la première année de son mandat devant la section du PS du Pays Fouesnantais.

J'ai souvent entendu, écouté des hommes politiques, mais jamais je n'ai été  aussi intéressée par le retour  d'information devant les électeurs d'un élu.  Comme nous n'étions que vingtaine d'auditeurs,  entre copains peut-on dire, la proximité  entre lui et nous a permis un échange spontané, souvent  passionné, parfois grave ou humoristique lorsqu'il imitait la voix et la gestuelle de certaines personnalités  siégeant à l'Assemblée. Jean-Jacques a volontairement axé sa présentation sur le fonctionnement de l'Asemblée, le statut de député, son cadre de travail, à Paris comme sur le plan local, sans rentrer dans la polémique du bien-fondé ou non des 99 lois votées depuis juin 2007.

Il nous a parlé de ses assistants parlementaires, de la façon dont il les a choisis  (l'un deux par le biais de l'ANPE!) et les rémunère, sur la répartition des tâches entre eux. Il nous a expliqué le fonctionnement des 6 commissions de l'Assemblée, comment  et dans quel délai les projets de lois sont étudiés, comment se déroule le vote à main levée des amendements dont le comptage par le Président de l'Asemblée n'est pas exempt d'erreurs; comment les députés sont prévenus par sms de se rendre illico dans l'hémicycle pour un vote de loi, comment le personnel de l'Assemblée (3 000 personnes) est prévenant et fait tout pour faciliter le vie des députés. Les services de l'Assemblée (coiffeur, salle de sport, bibliothèque, restaurants, etc.. restent ouverts aussi longtemps qu'il y a débat, et donc souvent à 2 heures du matin. Avec beaucoup de sincérité, il nous a également fait part des travers de certains députés, y compris dans son propre camp, gueulards comme il n'est pas permis pour que le son de leur voix se fasse entendre en séance ou que leur nom soit prononcé par le Président de l'Assemblée pour les rappeler à l'odre, leurs électeurs étant ainsi assurés qu'ils sont bien présents sur les bancs.

Un député appartient à un groupe parlementaire et à une commission; il ne peut avoir de compétences dans tous les domaines du législatif; c'est donc en fonction de ses compétences préalables à son élection que se fait le choix appartenir à l'une ou à l'autre des commissions. En l'occurence, étant professeur de droit constituionnel, il appartient assez logiquement à la commission des lois.

J' ai posé une question qui m'a souvent taraudée. Est-ce qu'un député vote en son âme et conscience ou se conforme-t-il aux consignes de vote du groupe auquel il appartient? Ma question n'était pas si naïve que cela, car, justement, en ce moment, il a la conviction que la réforme constituionnelle en cours est un progrès par rapport à ce qui existe et qu'au fond de lui, il a envie de voter "pour" alors que François Hollande est farouchement "contre" parce qu'elle vient de Sarkozy (comme toutes les lois au demeurant) ,et que, par respect de la discipline de groupe, il se conformera aux consignes de vote. Jean-Jacques nous disait tout de même que la constitution n'était au fond qu'un ensemble de règles régissant le fonctionnement de la République, et que sur une question de conscience personnelle comme le sujet de la fin de vie, il se réserverait le doit de voter selon ses convictions.

Quelqu'un lui a finalement posé la question de savoir ce qui était actuellement en discussion en commission. Il nous a donc  expliqué brièvement mais clairement en quoi consistait la loi P.P.P.  : partenariat public/ privé. Aujourd'hi sur son blog, voici ce qu'il en dit:

"C’est mon nouveau cheval de bataille à l’Assemblée où je suis comme chaque semaine. Le texte vient demain devant la Commission des lois et mercredi prochain en séance publique.

 Son intitulé n’est guère expliciteprojet de loi relatif aux contrats de partenariat“. Passionnant non ? Et bien en fait, oui c’est passionnant. Il s’agit d’un contrat administratif par lequel l’Etat ou une collectivité confie à un tiers, pour une période déterminée, une mission globale intégrant le financement de l’investissement, la construction de l’équipement, son entretien voire sa gestion.

 Quel est le problème ? En bien, il y en a au moins deux. D’abord, ce “contrat” ou “PPP” pour “partenariat public privé” est un moyen habile pour une personne publique de masquer son endettement tout en continuant à se doter d’équipements. En effet, l’investissement n’existe plus puisque c’est un tiers qui l’assure et comme la collectivité se contente de lui verser un loyer, c’est du fonctionnement ! Nous sommes donc devant une dissimulation de la dette, une incitation au dérapage, un peu comme les crédits revolving…

 Ensuite, le PPP permet aux collectivités et à l’Etat de s’exonérer des contraintes juridiques du droit de la commande publique. Finis les appels d’offres garantissant l’équité dans la concurrence, finis les concours d’architecture permettant à toutes les équipes de se mesurer, finis les négociations transparentes. Et place au choix discrétionnaire de l’opérateur ! Et comme en France, vu la taille des équipements, ceux ci ne sont que trois : Vinci, Bouygues, et Eiffage, chacun comprend où va l’intérêt du gouvernement… "

Je suis allée lire ce que les architectes en pensent sur le site de leur odre. En effet, ce projet de loi est plus qu'inquiétant pour le secteur du bâtiment en général et pour les concours d'archis en particulier....

 

 

14.06.2008

Un "navenire" communal qui a encore de beaux jours devant lui....un peu "grasse à moi"

Bon  ben voila, après avoir passé la semaine dernière à poncer, vernir, reponcer, peindre,  repasser la laine d'acier, dépoussiérer, repeindre, repasser la cale à poncer, je ne suis pas trop mécontente du résultat : avec 3 couches de vernis marin à l'intérieur, 3 couches de peinture noire sur la coque au-dessus de la ligne de flottaison, 2 couches de blanc sous les planchers et beaucoup d'huile de poignet, la yole  a plutôt belle allure. Les propriétaires de bateaux qui naviguent dans du bois exotique, ne participent à aucune manifestation ou régate de peur de rayer leur coque et qui craignent la " vile populace" sur l'eau peuvent sourire ironiquement. Je préfère un beau "navenire" qui va sur l'eau et manoeuvré par une bande de joyeux drilles ne se prenant pas au sérieux  à un petit bijou sur lequel on n'a pas le droit de monter, simple signe extérieur de richesse et d'étroitesse d'esprit. Je tiens à préciser que les bordées n'avaient pas du tout joué et cela m'a été confirmé par plusieurs marins ayant examinée "la barca"de près. Un copain, membre de l'association depuis ses débuts, et par ailleurs constructeur de maisons à ossature bois, m'avait prêté une ponceuse professionnelle, comme on en utilise dans les chantiers  navals. Sans avoir dépensé 1 000 euros  et dû attendre trois mois de délai pour la faire poncer, revernir et repeindre par le chantier naval pour riches qui ne m'aurait même pas pris au téléphone parce que je ne suis pas une fidèle et  riche bonne cliente (selon mon bon copain qui fait rien que me saper le moral), on ne fera pas "la brutta figura" à Brest 2008. Ok, les gabiers ne naviguent pas dans du Louis XV, mais on ne sera pas ridicules. J'ai même astiqué les dames de nage, l'étrave et le plat-bord arrière, et ... ça brille!.

 Plus personne ne voulait s'en occuper; j'ai remué ciel et terre pour que l'association qui la gère et l'entretient se remonte; alors fatalement, j'ai été désignée comme présidente, car si elle appartient à la commune,  c'est une association qui la fait naviguer. Aujourd'hui, c'était la présentation  aux parents d'élèves venus nombreux dans la cour de l'école publique à l'occasion de la kermesse.

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(Mon papa devant la yole, cherchant son carnet de chèques pour adhérer à l'association!)

J'ai eu plein de félicitations... "tu as fait ça toute seule, nan, c'est pas possible, on ne reconnaît plus la yole" .. "ah, c'est la yole de la commune? je croyais qu'elle n'existait plus, qu'elle avait  été revendue".... "on a bien fait de t'élire présidente"..."il y a encore de la place pour Brest 2008?"

Grands moments de  petits bonheurs cet après-midi. J'étais très fière, intérieurement s'entend. Mais j'avais le sourire. Et il n'a même pas plu de toute la journée alors que de gros nuages menaçants nous cernaient de toute part... Le plus cocasse, c'est qu'à la loterie de la kermesse, j'ai gagné les plans d'une... bisquine!

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(L'aînée de mes petites-filles, future navigatrice?)

Autre petite satisfaction :  dans la salle polyvalente où les enfants de l'école donnaient leur spectacle, étaient suspendues les affiches que j'ai conçues pour les animations d'été de la commune. Elles vont être installées sur les planimètres au bord de la route à l'entrée et à la sortie du bourg.  Je trouve que ma photo de fond et ma composition avec des médaillons de photos prises lors des spectacles de l'an dernier sont plutôt réussies; ça fait champêtre, comme l'est le cadre dans lequel les animations se déroulent, et en même temps, il y a de la vie et du mouvement sur l'affiche. J'ai fait ça avec un logiciel de PAO gratuit téléchargé sur le net, Scribus; j'ai galéré pendant 3 jours, mais maintenant, c'est bon , je commence à savoir l'utiliser...j'ai pu transmettre le ficher en pdf pour le flashage à l'imprinerie.

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Ce soir, je vais m'endormir moins énervée qu'hier avec mes fraises à 20 euros du kilo... et je souhaite bon vent à tout le monde!

13.06.2008

Je suis loin d'être "LA SUPERE"

Il y a une semaine, j'ai reçu un mail d'un agriculteur burkinabé que j'ai aidé à plusieurs reprises par un petit envoi d'argent. Petite somme pour moi,  mais équivalente au salaire moyen mensuel de son pays, c'est-à-dire, une somme très importante. Mandia ne demande pas d'argent, mais le message est clair.

"BONSOIR LA SUPERE comment va la santer ?? chez moi ausi sa va tres bien... cest pour vous donner quelque novelles des chez nous... pour ma vus loeil droite a fini de voir..lautre lui la vus sa ameliore de plus . le docteur dit si coupe pas le traitement je doi pas perdre la vus.. jetai completement desperer mais sa va tres bien... je vai reprendre la plantation des legumes..voir se que sa va donner.. grasse a vous... Comme cette annee cest une grande famine preque dans tout LAFRIQUE vie tre chere a cause de la secheresse et les gros inondations... le mil 100kg coute 20 000 fr.. riz plus cher ya des greves mais sa ne change a rien.. cest nai pas la faute a personne ni a letat.. la pluie a commenser...mais cest 40 a 42 d...merci bien pour tout. on pourai se voir un jour..abientot..MANDIA THIOMBIANO "

"Grasse à moi....."

Et moi, j'ai fait la morte; je n'ai même pas répondu.  J'ai honte. Je ne pourrais pas lui répondre sans lui promettre à nouveau de lui venir au secours. Je sais pourtant qu'il a dû aller plusieurs fois au cyber pour consulter sa messagerie  et guêter un vain mail de moi lui promettant un virement Western Union. Je sais  pourtant que cela lui coûte de se connecter sur le net.  Mais cela m'énerve  tellement que les africains soient aussi fatalistes et affirment que "cest nai pas lafaute a personne ni a letat". Peut-être n'osent-ils pas incriminer leurs dirigeants dans un mail , de peur de...

Et ce matin, j'ai eu une des plus grosses hontes de ma vie, en passant à la caisse du Super U. Je faisais quelques courses en compagnie de ma petite-fille de 2 ans. "Tu veux des fraises pour le désert, ma chérie?" Et je choisis quelques belles fraises gariguette, fruits de pleine saison et poussant dans le même département, et sans regarder le prix. J'aurais pu acheter une belle mangue à 1 euro, mais transportée  à grande consommation de kérozène. J'ai halluciné, mais trop tard, en réalisant le prix des fraises au kilo : 19.98 euros! Bientôt plus chères que le homard breton!

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J'ai honte et je  me sens mal. En plus que j'avais acheté une tranche de foie de veau à 25.90 euro le kilo, dont la moitié a fini dans l'écuelle du chat....On nous serine pourtant qu'il faut manger local et de saison!

04.06.2008

La mouche du coach

Aujourd’hui, je vais jouer la mouche du coach. Cela va peut-être piquer un peu, mais ça me fait tellement plaisir de reprendre ici des points de vue de psys  nettement mieux exprimés que je n'aurais su le faire, pour dire tout le scepticisme que j'éprouve sur les méthodes des coacheurs et la facilité avec laquelle certain(e)s se font coacher.....Que les psys, les médecins, le diététiciens.... voient d'un oeil sarcastique les coacheurs, pas très étonnant, il y a détournement de clientèle.  Moi, j'ai toujours été persuadée que personne ne sait mieux que moi ce que j'ai à faire si je veux me sortir d'une situation qui ne me convient pas. Ce n'est pas que je refuse les conseils judicieux, c'est seulement que c'est moi qui  me fixe mes objectifs et que je n'ai  besoin de personne pour m'aider à les atteindre. Quand je pense qu'il faut en plus payer des ponts d'or son coach....et  pour entendre de sa bouche tout ce qui figure déjà dans les bouquins ou sur internet, ou ce que vous disent depuis longtemps ceux qui vous aiment et vous veulent du bien!  

Ce matin, peu après 7h sur France Inter, j’ai écouté une chronique qui va tout à fait dans le sens de ce que je pensais du coaching et des coachs, qui proposent de vous « accompagner dans le réussite de votre challenge ». Mais surtout dans le tout et le n’importe quoi.

La chronique de ce matin a évité le faux débat départageant les bons coachers dûment homologués et les brebis galeuses. C'était une critique du coaching en tant que tel, et notamment l’application tout à fait exorbitante des méthodes et du vocabulaire du management à la sphère du soin et de l’écoute intime.

La question fondamentale qu’il faut se poser à propos du coaching, c’est « pourquoi ça marche ? » au sens de « pourquoi ça fait un marché ? ». Pourquoi ça fait boule de neige ? Pourquoi les coacheurs, formateurs et clients pullulent ? Pourquoi tant de gens y trouvent un intérêt ? « Pourquoi ça fait prise ? »

" C’est bien parce que les sujets sont déjà tout à fait disposés à envisager leur existence dans les termes mêmes avec lesquels les coacheurs la décrivent qu’ils peuvent collaborer activement à cette redéfinition, ce « recadrage » d’eux-mêmes. Rien ne les choque à l’idée de « se fixer des objectifs », de « développer leur potentiel », de « reconnaître leurs points faibles et leurs points forts », de « diagnostiquer leurs problèmes », « d’avoir davantage confiance en eux-mêmes », d’être « plus efficaces sans être perfectionnistes», de « s’adapter au changement », de « gérer leur vie personnelle »… Tous ces termes ont déjà été amplement travaillés pour donner le sentiment qu’ils décrivent des comportements naturels. Ils constituent désormais une seconde peau. C’est le contraire qui est devenu choquant, comme de dire par exemple : « Vous savez une existence, ça ne se « gère » pas ». En quelque sorte, le ver est dans le fruit depuis longtemps, ensemble ver et fruit ont engendré symbiotiquement un nouvel organisme, le verfruit. Le coacheur est celui qui s’adresse à ce nouvel organisme mutant : un être humain qui ne voit, qui ne sent déjà plus aucune contradiction, aucune incompatibilité foncière entre « vivre » et « gérer sa vie ». C’est la raison pour laquelle le coaching est extensible à l’infini, qu’il peut exporter ses techniques à tant de secteurs différents et qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer management et psychologie étant donné que ces disciplines peuvent se définir toutes les deux comme une gestion des problèmes ou des conflits, qu’ils soient collectifs ou personnels. Dans une société qui a mis fin à l’Etat-providence et dans laquelle plus rien n’est définitivement acquis, l’individu est devenu « souverain ». Il doit prendre en charge les nombreux aspects de son existence et donc aussi pouvoir se remettre en question et être en mesure de maîtriser les changements qui l’affectent et dont pourtant les causes lui échappent. Bref, l’individu se définit de plus en plus comme une « entreprise de soi ». Et comme toute entreprise, il doit vérifier son bilan, évaluer ses actifs et son passif, motiver ses employés (c’est-à-dire lui-même), ménager ses réseaux, préparer l’avenir, anticiper les écueils, soigner sa présentation et sa communication etc. C’est ça le modèle dominant en termes de représentation collective. On s’aperçoit donc que le coacheur ne prêche pas dans le désert mais au contraire dans un territoire entièrement conquis et qui ne lui offre plus aucune résistance. " (Trouvé sur le site de psychanalyse "Oedipe")

La chrobnique de ce matin à la radio disait quant à elle ceci  (interviews non reproduites) :"Faire appel à un professionnel pour trouver l'âme soeur, régler ses problèmes de poids ou choisir la couleur de son papier peint. De plus en plus de gens font appel à un coach pour tout ça. Entre gourou et psychanalyste, le coach, ce nouveau maître à penser, s'empare de tous nos espaces de vie et on peut même dire qu'il n'y a plus un seul domaine de nos existences qui échappe à la déferlente du coaching. Alors un coach, en français, c'est bien sûr un entraineur. D'où un vocabulaire largement emprunté au sport. Le coach en effet parle objectifs, obstacles à franchir, performance. On se fait coacher pour améliorer son apparence, ses relations amoureuses, pour cultiver sa confiance en soi ou encore mieux s'exprimer en public. Bref, quel que soit le problème, le coach detient la recette du succès.

 En tout cas, c'est ce que l'on nous vend. Et on nous le vend partout. Dans les librairies notamment, les rayons consacrés au développement personnel explosent. Delphine Bouetard est la responsable de la librairie du Virgin Mega Store des Champs Elysées  (interview) .A la télé, la recette fait aussi des miracles. C'est par exemple, le cas de l'emission « Déco » sur M6, présentée par Valérie Damidot, sorte de tornade blonde qui déboule chez vous pour tout repeindre en rose. Elle réunit chaque semaine 4 millions de téléspectateurs. Mais on pourrait également citer "Belle toute nue" sur Téva, ou "Relooking extrême".

Ce qui compte, c'est "l'avant-après" comme l'explique Stephane Dieutre. Il est co-directeur du cabinet de consulting Think Out (interview). A Paris, tous les grands magasins offrent désormais les services d'un "styliste privé" qui connaît toutes les tendances les plus modes. Les grands hotels aussi s'y sont mis, comme le très branché Hotel Coste qui a recruté il y a quelques temps une coach. Elle s'appelle Djemila K. Et aujourd'hui, Djemila a rendez-vous avec l'une de ses clientes (ou plutôt l'une des ses coachées), Corinne. Depuis peu attachée de presse dans le milieu de l'art, Corinne avait besoin qu'on l'aide à soigner sa façon de s'habiller. Elément indispensable pour avoir confiance en elle. (Petit extrait de séance de travail). Silhouette longiligne, dentition d'une blancheur parfaite, Djemila K est une femme ultra sophistiquée. Elle a longtemps été mannequin puis rédactrice de mode. Elle n'aime pas dire qu'elle est coach. Elle préfère l'appelation "votre meilleure amie à Paris" (interview).

 Débarquée des Etats-Unis dans les années 90, la mode du coaching s'est d'abord popularisée dans la sphère professionnelle. Aujourd'hui, elle a pris racine dans notre culture. Preuve, pour le sociologue Robert Egby, d'une crise sans précédent de la construction de l'individu (interview). Derrière tout cela, il y aurait donc l'angoisse de l'exclusion, la peur de ne pas être dans la norme, dans une société qui nous veut toujours plus beaux, plus intelligents, plus productifs comme le suggère le célèbre "Travailler plus pour gagner plus". Le philosophe Pierre Le Coz, auteur de "L'empire des coachs", considère même le coaching comme une addiction qui nous libérerait de tout, sauf de l'aliénation à ces nouveaux petits maîtres du conformisme et du contrôle social. "

Ce qui est exaspérant, c'est  que lorsque vous donnez un conseil de bon sens à un(e) ami(e) ouà l'un de vos enfants, il ne vous remercie même pas et n’en tient évidemment pas compte. Par contre, la même recommandation venant d’un coach, facturée la peau du dos, est digne d’être suivie…parce que venant de quelqu’un qui s’y connaît. Pfff.....

 Au fait, ma fi-fille , avant que j'oublie. Si tu me lis (je sais que tu le fais de temps en temps), pour ton entretien d'embauche à Brest,  le 15 juin, pour ce poste que tu aimerais décrocher, je ne voudrais pas te donner de conseil, mais si tu pouvais t'épiler les sourcils et de mettre un peu de mascara sur les cils.... enfin, ce que j'en dis, hein, tu fais comme tu veux bien sûr.... je suis ta maman, pas ton coach.

02.06.2008

On cherche des poux à Renzo?

Sacré rififi dans le Landerneau de l'architecture. Imaginez un peu : Renzo Piano, 70 ans, l'un des architectes les plus respectés et les plus influents du monde, accusé de souiller la mémoire et l'oeuvre du "pape" de l'architecture moderne, Le Corbusier ! En cause : le projet dessiné par l'Italien pour une fraternité de douze religieuses, à quelques pas de la chapelle Notre-Dame-du-Haut. Ce chef-d'oeuvre de Le Corbusier (1887-1965) est perché depuis 1955 au sommet d'une colline qui domine le petit village de Ronchamp, en Haute-Saône. Pour Piano, auteur d'une ribambelle de gratte-ciel et d'une tripotée de musées sur toute la planète, ce tout petit projet s'est transformé en chemin de croix : pétition internationale, contre-pétition, appel à la ministre de la culture et guerre ouverte avec la Fondation Le Corbusier, gardienne sourcilleuse de la mémoire du maître.

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Certes, tout est fait dans les règles : la Commission nationale des monuments historiques a donné son accord le 28 juin 2007, des permis de construire ont été délivrés les 11 et 13 mars 2008. Mais la polémique fait un peu désordre, au moment où la France propose à l'Unesco "l'oeuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier" pour inscription en 2009 sur la liste prestigieuse du Patrimoine mondial de l'humanité. Il est bien embêté, Renzo Piano : "J'ai accepté ce projet pour des choses légères et fragiles, le silence et la foi. Et je me retrouve pris dans des affrontements, mis en accusation..." Dans la succursale parisienne de son "Building Workshop", l'architecte joue les artisans de quartier, à deux rues de son Centre Pompidou, qui fit déjà un joli scandale au début des années 1970. Il démonte les maquettes, montre les plans. "Regardez, j'ai écouté les remarques, fait des amendements. Mes bâtiments sont plus bas que la chapelle, on ne les verra pas. Je ne comprends pas..."

 L'antique querelle des anciens et des modernes, rejouée au sein même de l'ère du béton ? Pas seulement. Pour mieux comprendre, il faut grimper sur la colline. On a beau l'avoir vue dix mille fois en photo, la chapelle de Ronchamp fait toujours son petit effet. C'est une sculpture autant qu'un monolithe, d'où se dégage une puissance tellurique et l'émotion de l'art. Un édifice asymétrique, irrégulier, presque gauche, et pourtant d'un équilibre miraculeux. Des murs courbes d'une blancheur immaculée, une coque de crabe en béton brut en guise de toit, trois tours blanches qui émergent telles des calottes et diffusent une douce lumière vers l'intérieur, intime et grandiose comme une grotte.

 Prompt à chanter ses propres louanges et à pourfendre d'imaginaires persécuteurs, l'architecte écrit à sa mère en 1955 : "C'est l'oeuvre architecturale la plus révolutionnaire qu'on ait faite depuis longtemps. (...) Mais le diable doit ricaner dans un coin et il a pour habitude de ne pas rester inactif. Rome a l'oeil sur Ronchamp. J'attends des orages. Et attention, les vilenies, les bassesses."

 Où se cache le diable ? Peut-être dans le succès même des lieux. 100 000 personnes visitent la chapelle chaque année, dont une bonne moitié d'étrangers. Pour l'essentiel, des amateurs d'architecture. Oh, bien sûr, le pèlerinage qui gravit depuis le Moyen Age les pentes de la colline chaque 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge Marie, a toujours cours. Et la chapelle accueille quelques messes, des baptêmes, de rares mariages. Mais l'esprit religieux s'est effacé dans l'ombre du monument.

"Il faut donner au lieu une valeur ajoutée spirituelle", l'Association Œuvre Notre-Dame-du-Haut en est convaincue. C'est cette structure qui gère le site, dont elle détient la propriété matérielle, mais aussi les droits artistiques, au grand dam de la Fondation Le Corbusier. "Ce patrimoine se banalise. Aujourd'hui, le public est habitué à l'architecture moderne, il veut autre chose", explique Jean-François Mathey, président de l'association. Son père, le conservateur d'art François Mathey, a été à l'origine de la commande de la chapelle à Le Corbusier... et du projet du Centre Pompidou.

 La solution : installer une communauté religieuse sur un terrain que possède l'association à côté de la chapelle. En 2005, accord est conclu avec l'ordre contemplatif des clarisses. Celles-ci sont prêtes à vendre leur couvent de Besançon, où elles sont implantées depuis le XIIIe siècle, pour financer la construction d'une nouvelle fraternité. "C'est une solution équilibrée : la colline est habitée, cela permet de garder les lieux ouverts en permanence, mais il n'y a pas de privatisation de la chapelle", estime M. Mathey.

Commande est donc passée à Renzo Piano d'un ensemble d'une douzaine de cellules pour les religieuses, d'hébergements temporaires, de salles de restauration et de réunion, d'un oratoire de 25 places pour les prières quotidiennes. Plus un nouveau bâtiment d'accueil des visiteurs pour remplacer l'épouvantable porterie qui défigure l'entrée du site. Soit 1 500 m2 de surface à construire, pour un coût de 9 millions d'euros, dont un tiers serait consacré aux plantations censées camoufler les édifices et l'envahissant parking, sous la binette d'un paysagiste réputé, Michel Corajoud.

 Conscient d'avoir à gérer un voisinage délicat, Piano joue une partition discrète : des constructions semi-enterrées dans la pente, dont les toits de zinc en trapèze ou en triangle se soulèvent à peine de terre au milieu des arbres pour ouvrir vers la vallée une façade de verre. "Les bâtiments sont comme des feuilles qui se décollent de la forêt, explique l'architecte. Mais ce n'est pas pour les cacher ! Mon langage n'est pas en compétition avec celui de Le Corbusier. C'est le langage honnête pour ce projet. Ce ne sont pas les bâtiments qui s'effacent, ce sont les clarisses."

 A cinquante mètres de la chapelle, la pente où doivent s'élever les bâtiments des soeurs a été déboisée et nettoyée, mettant au jour une évidence : on est proche de la chapelle. Très proche. Or il est un point sur lequel s'entendent les nombreux exégètes de Ronchamp : la chapelle et la colline forment un tout, une oeuvre unique, indissociable. Le Corbusier a composé ici une "acoustique du paysage", jouant avec les quatre horizons, orchestrant des percées sur la plaine de la Saône, la trouée de Belfort, les ballons d'Alsace, les monts des Vosges, semant sur le terrain des ponctuations et des points de vue, une pyramide de pierres, la maison du chapelain, le campanile. Modifier la colline, c'est abîmer l'oeuvre.

Grégoire Allix,

Article paru dans "Le Monde" du 29/05/08

01.06.2008

En courant, je pense

J’ai repris le footing depuis quelques semaines, que je pratique en gros de mai à octobre presque quotidiennement. J’ai dit « presque » car le matin, j’hésite cinq minutes entre y aller ou ne pas y aller, je scrute la noirceur des nuages, et je dois me faire violence pour me mettre en route. En fait, les questions sont, suivant que j’y vais ou pas, est-ce que je prends ma douche tout de suite après le ptit dèj ou est-ce que je la prends au retour du jogging, et comment je m’habille, en jean ou en caleçon ?. Je passe en revue toutes les bonnes raisons que j’aurais de ne pas aller courir, et lorsque, objectivement, je n’en ai aucune, je me décide. Le mercredi, j’ai une bonne raison de ne pas y aller, je me suis fixée une permanence à la mairie que le maire ne me demandait pas expressément de tenir, mais j’aime bien ce sentiment d’avoir quelque part un bureau qui m’attend. Je papote avec des conseillers ou des adjoints qui passent pour une raison ou une autre, je lis la documentation que l’on a glissée dans mon casier, et je surfe un peu sur internet pour chercher de la documentation ou lire la « gazette des communes ». Je connecte mon portable au réseau de la mairie, mais je peux aussi utiliser l’un des PC, portables ou fixes.

L’an dernier, j’allais courir systématiquement sur la plage, à 6 kilomètres de la maison, je partais donc en voiture. Cette année, je commence mon circuit à partir de la maison, sauf très grand beau temps, pour le plaisir de voir  la mer et les îles de Glénan, ce qui est plutôt rare, déjà pour gagner un peu de temps, mais surtout pour économiser du carburant. Si je pars de la maison, donc, je cours entièrement sur bitume ce qui est un petit peu moins confortable pour les articulations. Mais bon, objectivement, je n’ai mal nulle part et je n’ai jamais senti mes genoux ni mon dos; j’ai toujours couru avec de bonnes chaussures et je ne lésine pas sur leur prix. Sans vouloir faire du buzz sur ma petite personne, il ne se passe pas un jour sans que quelqu’un ou quelqu’un ne me complimente sur mon look eu égard à mon âge avancé ; cela me motive pour ne pas arrêter de courir. Pas plus tard qu'hier, je me suis achetée un short taille 40 chez Décathlon, sans l'essayer, et j'ai dû retourner l'échanger contre un de la taille 38.... sans mentir.

 Passés les premiers deux cents mètres durant lesquels je peste, mes pensées commencent à divaguer, tout en courant mécaniquement. C’est l’un des rares moments, en fait, où je peux penser sans avoir quoique ce soit qui vienne  interrompre le cours de mes questionnements. Je ne prends même plus mon portable dans la poche, comme je le faisais l’an dernier, puisque personne ne m’appelle plus le matin et si tel était le cas, il serait toujours temps de rappeler plus tard.

 Ce matin, je repensais à quelque chose d’horrible entendu aux infos de 9 heures juste avant de partir. On parlait de cet enfant de 8 ans, trouvé inanimé flottant en pyjama sur un lac en Vendée, et sauvé par miracle grâce à un passant. A la sortie du coma, cet enfant a parlé, donné son nom et son adresse et c’est ainsi qu’à son domicile sa mère a été retrouvée, malheureusement assassinée. Je me demandais comment on peut vivre « normalement » après avoir vécu un tel traumatisme, ayant sans doute été jeté à l’eau, assommé ?, par le concubin de sa mère. Je me disais aussi qu’il y a eu quelque part au monde un homme qui en apprenant cette nouvelle, la sortie du coma du fils de sa compagne, a dû se dire « merde, il s’en est sorti, il a parlé. ». De toutes façons, la mère aurait été retrouvée tôt ou tard, et le concubin de sa mère aurait été en premier lieu recherché puis interrogé. Comment peut-on jeter à l’eau un enfant ? Cette idée m’a accompagnée toute la demi-heure de ma course ce matin. J'y pense encore d'ailleurs....Je me demande souvent pourquoi la presse, radio ou télé,  ouvre si facilement et avec une telle insistance, heure après heure, ses  journaux ou bulletins d'infos avec des faits divers  aussi sordides, qui restent tout de même des drames familiaux si personnels......

18.05.2008

Savonarole, taliban avant l'heure

La semaine dernière, j’avais un peu séché sur la définition du 1 vertical de la grille de mots croisés de Télérama : « Florence l’a trouvé un peu exalté ». Ayant les trois premières lettres, j’ai fini par trouver qu’il s’agissait de Savonarole. Je ne savais pas exactement quel personnage avait été Girolamo Savonarola, en dehors de la vague impression qu’il s’agissait d’un faux prophète, d’un excité, d’un fou, ayant vécu en Italie à la Renaissance. Le documentaire d’hier soir sur Arte lui était consacré. Je me suis laissée convaincre par la critique de Télérama malgré le seul « T noir » qui d’un côté, reproche à documentaire « des reconstitutions aussi inutiles qu’envahissantes et dont le degré d’exactitude laisse parfois perplexe » et « malgré la sous-utilisation regrettable de trois historiens interviewé »s, mais d’un autre explique que Jan Peter éclaire plutôt bien la manière dont Savonarole a envoûté Florence puis imposé son ordre moral, guidé par la volonté de ramener le règne de Dieu sur terre et de réformer le christianisme. Outre de belles images sur Florence d’aujourd’hui, j’ai tout de même appris beaucoup de choses sur le plan historique et surtout été frappée par le fanatisme de ce personnage qui n’est pas sans rappeler de façon flagrante la fanatisme religieux des ayatollas et des talibans d’aujourd’hui.

 A la manière dont il embrigada des enfants qu’il envoyait mendier, patrouiller dans les rues avec violence, voler les choses de valeur, symboles du mal, et dénoncer les riches, j’ai tout de suite repenser aux petits talibés du Sénégal que j’ai vus dans les rues en septembre dernier et qui rapportent à leur marabout le butin de leur journée. Les prêches et les sermons de Savonarole devant des milliers de personnes subjuguées par le charisme du prédicateur, comme les fanatiques musulmans de nos jours bouche bée devant Bin Laden, l’impérieuse nécessité de se prendre pour le représentant de Dieu, chargé de rétablir la vertu et les bonnes mœurs, d’imposer aux femmes de porter un voile de couleur sombre sur le visage, de jeter leurs bijoux au « bûcher des vanités »(qui remplaçait désormais le carnaval), d’interdire la mode féminine et les liaisons extra-conjugales, tout cela faisait froid dans le dos. C’est vrai que l’exemple du grand train de vie dissolue menée d’une part par les Médicis à Florence et d’autre part, par Alexandre VI Borgia ( déjà son nom contient le mot orgie !) , qui s’était fait élire en payant les cardinaux, qui avait de nombreux enfants, dont Lucrèce, et César qu’il nomma cardinal et qu’il envoya en émissaire tenter de calmer Savonarole, avait certainement de quoi choquer le bas peuple et le petit clergé, mais de là à se prendre pour le « réformateur du christianisme » et l’envoyé de Dieu, il faut avoir un sacré égo !

Savonarole est certainement un personnage ambigu sur lesquels les historiens ne sont pas d’accord. Faux prophète qui finit par avouer sous la torture avant d’être pendu qu’il avait tout inventé de ses prophéties, visionnaire en avance sur son temps ayant annoncé dans une grande mesure l’œuvre de Martin Luther ? Toujours est-il que c’est en menaçant d’excommunier tous les habitants de Florence que la papauté obtint que ceux-ci finissent par lâcher le prieur de San Marco. Il y avait d’ailleurs du monde pour assister à son exécution et au brûlage de son corps sur un bûcher attisé pendant 24 heures pour qu’on soit sûr qu’il soit bien mort. Savonarole savait que c’était la mort qui attendait tout prophète osant défier la puissance papale. Sur ce plan-là, la prophétie qu’il avait lui-même annoncée n’était pas trop risquée ! C’était d’ailleurs également un traître qui avait conclu un accord avec le roi français Charles VIII pour prendre la région de Rome, après être rentré à Florence, et pour virer le pape du Château St-Ange.

Tout cela se passait à la toute fin des années 1400. Alexandre VI est mort 6 ans après Savonarole, après un festin au cours duquel il a été vraisemblablement empoisonné. Lui non plus ne devait pas être tant que cela en « odeur de sainteté ». Les armes des Borgias furent ensuite descellées des murs du Château St-Ange. Ce qui est désolant dans cette histoire c’est qu’au bûcher des vanités ont brûlé beaucoup de toiles représentant des corps nus. Sandro Botticelli lui-même a suivi Savonarole, et durant les 6 ans qui sépare la mort des deux hommes, Botticelli n’a plus jamais peint de nus.